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samedi 12 octobre 2013

Lili bouquine : Genesis Alpha de Rune Michaels


Titre en VO : Genesis Alpha
Editeurs : Milan - Macadam
Site de l’auteur :
http://www.runemichaels.com/
Ma note : 7/10
Quatrième de couverture :
Peut-on être génétiquement programmé à devenir un meurtrier ? Josh est un « bébé-médicament », un enfant conçu par ses parents dans le but de sauver son frère, Max, atteint d’un cancer. Sans Max, Josh n’existerait pas. Sans Josh, Max n’existerait plus. Alors, lorsque Max est arrêté pour le meurtre d’une jeune fille, Josh se demande si lui aussi a le crime inscrit dans les gènes.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Genesis Alpha a été pour moi une agréable surprise ! Je m’y suis plongée au départ sans attentes particulières et suis ressortie de ma lecture complètement bluffée ! C’est un roman plein de psychologie où un jeune garçon est victime des choix de ses proches et qui se voit confronté à la dureté de la vie. C’est un roman très fluide, qui se lit presque d’une seule traite !

On suit Josh, un jeune garçon de treize ans dont la vie est bouleversée par l’arrestation de son frère ainé : Max, de qui il est extrêmement proche. La relation des deux frères est au cœur de ce roman. Josh ayant été un « bébé médicament », soit un enfant sélectionné parmi un lot de cellules œufs pour sa complémentarité génétique avec Max qui souffrait d’un cancer, est extrêmement lié à son ainé. Sans Josh, Max n’aurait pas survécu à sa maladie, puisque les cellules de son cordon ombilical ont permis de leur guérir. Sans Max, Josh n’aurait jamais vu le jour. Ils sont complémentaires, ils sont inséparables, ils sont même plus que cela. L’intrigue de ce roman nous en dévoilera davantage à ce sujet.

Rune Michaels, avec Genesis Alpha met les pieds dans le plat. Elle n’hésite pas à aborder des sujets tabous, comme le recours aux bébés médicaments, la place social des enfants à l’école, le regard des autres, le poids des rumeurs. L’auteure met en place des situations graves – il est tout de même question d’un meurtre – mais elles sont applicables a des cas de figure plus banals. Chaque enfant aura déjà été confronté au jugement hâtif de ses copains, ou à une situation qu’il ne métrise pas. Chaque enfant s’est déjà senti dépassé par les évènements, ou s’est posé des questions existentiels.

Josh, après la mise en garde à vu de son frère, est contraint de remettre en cause un bon nombre de choses dans sa vie. Il revoit notamment l’opinion qu’il avait de son frère, il se demande sans cesse s’il le connaît réellement. Josh qui pensait tout savoir par cœur de son ainé est soudainement emprunt au doute. Il ne sait plus où placer la vérité, ni sur quelle base il doit se poser. C’est comme si le sol s’effondrait sous ses pieds, et si ses parents son présent pour lui, on ressent la solitude intérieure du jeune homme.

L’esprit de Josh bouillonne d’interrogations, et le roman en devient d’ailleurs presque métaphysique. On explore la question de l’existence, de l’origine du mal. Le mal est-il ancré dans les gènes ou se développe-t-il d’une autre manière. D’où vient exactement le mal et à partir de quel moment, de quel événement bascule-t-on dans une engeance maléfique ? Le roman est ponctué de ce type de réflexions, il tourne autour des tourments psychologiques du protagoniste et, de ce fait, nous émeut beaucoup.

L’écriture est très fluide, et les chapitres défilent assez facilement. C’est un livre qu’on lit très facilement et duquel on ne peut lâcher les yeux. Je lui reproche toutefois une fin trop ouverte qui ne sonne pas véritablement comme un point final et qui ne donne aucune solution quand à la situation du garçon.

Un roman que je conseille à tous, et particulièrement aux garçons à partir de 13 ans qui y trouveront parfaitement leur compte !

ON ADORE : La psychologie du personnage – son histoire.
ON REGRETTE : la fin trop ouverte.


jeudi 8 août 2013

Lili bouquine : Symfonia t.2 "L'Orchestre de l'Atome" de Manon Toulemont

Titre en VO : Symfonia, t. 2 : L’Orchestre de l’Atome
Editeurs : Editions du Rocher
Site de l’auteur : Symfonia – Le livre
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Six semaines se sont écoulées depuis les événements qui ont bouleversé la vie de Pacôme, Alice, Olympe, Joseph et Ange. Chacun se trouve désormais dans une toute nouvelle situation. Les deux prédateurs ont rejoint Dragon Rouge, en Allemagne, où ils développent leurs instincts de mort et se voient enrôlés dans une organisation obscure nommée Wolf, régie par la corruption, les manipulations et les trahisons. Alice, Joseph et Olympe sont quant à eux élèves de l’Institut Evnôm, à Brocéliande, où ils apprennent à exploiter leurs dons et découvrent un univers insoupçonné de la population humaine, féérique et parfois dangereux. Dans le même temps un homme, Luther Läke, compositeur fou et pionnier dans l’étude de la Symfonia, entreprend de recruter des magiciens afin d’assouvir de sombres ambitions. Lorsqu’il vient à entendre parler de l’Institut qu’Evnôm et que l’une de ses disciples, la redoutable Natasha, entre par hasard en contact avec Wolf, chaque camp semble destiné à se rencontrer… mais dans quelles circonstances ?

MON AVIS SUR LE LIVRE

Le premier tome de Symfonia, intitulé L’Ouverture avait été l’une de mes plus belles découvertes de l’année 2011 et si le second opus de cette saga, L’Orchestre de l’Atome, s’est fait attendre, il n’en est pas moins bon. Au contraire ! Déjà, il y a un an et demi, j’avais été bluffée par la finesse de la plume de l’auteure – qui, rappelons-le, à vingt ans tout juste – et l’originalité de son univers. J’avais adoré me plonger dans son histoire innovante et fraiche. J’y avais trouvé un étonnant thriller fantastique, mettant en scène des prédateurs, tels que les vampires ou les sirènes (siroy, entre autre), ainsi que des magiciens, des sorciers et des médiums. Ces impressions ont été dupliqué avec le tome 2 de la saga qui est tout simplement génial !

En lisant Symfonia, on est forcé de constater la maitrise que l’auteure a de son sujet et de son univers. Elle connait ses personnages sur le bout des doigts, elle sait appréhender leurs réactions face à diverses situations. Elle a un contrôle parfait sur les différents éléments qu’elle met en place dans son histoire.Le roman se construit petit à petit. Manon Toulemont le conçoit brique par brique, et chacun d’elles a de l’importance .

Si Ouverture était une sorte d’amorce, L’Orchestre de l’Atome nous plonge ici dans le cœur de l’action. Les cinq personnages principaux – Pacôme, Alice, Ange, Jospeh et Olympe, auxquels vont s’ajouter un certain Léo et une étonnante jeune femme du nom de Natasha – empruntent chacun leur propre chemin, semé d’embuches bien sur. Ils seront bien entendu amenés à se croiser, mais l’auteure leur réserve bien des surprises et ils devront y faire face avec plus ou moins de difficultés. Les personnages du roman sont ainsi forcés d’évoluer dans un monde qu’ils ne comprennent pas, et d’accepter des facultés qu’ils ne maitrisent pas toujours. Ils sont novices, pour la plupart. Qu’ils soient prédateurs ou bien magiciens, rien n’est simple pour eux. L’auteure ne ménage pas ses protagonistes, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais c’est peut-être aussi la raison qui nous fait aimer le roman. Avouons que si tout se passait convenablement dans la vie de nos héros…ce serait bien moins distrayant. ;)

L’Orchestre de l’Atome est riche en rebondissements. On ne s’ennuie pas un seul instant, et les personnages non plus, loin de là ! Ils sont sans arrêt confrontés à des situations délicates, voire assez périlleuses et ils s'en sortent avec plus ou moins d’habileté. Le rythme est effréné, l’univers fourni et très bien exploité. L’auteure nous mène par le bout du nez en nous conduisant la plupart du temps là où on ne s’y attendait pas. Rien, ou très peu de choses sont prévisibles. L’Orchestre de l’Atome est divisé en plusieurs intrigues qui se trouvent au final assez liées entre elles. Elles sont assez complexes et bien souvent, on ne voit rien venir. On va de découvertes en découvertes, et à mesure que l’auteure réponds aux questions que l’on se posait à la fin du premier tome, elle en sème de nouvelles et nous donne du grain à moudre pour les tomes à venir
.
Elle nous met l’eau à la bouche, et la fin, qui plus est, nous donne réellement envie de connaître la suite des évènements.

ON ADORE : L’univers complexe – la profondeur des personnages – l’originalité de l’histoire – les différents rebondissements – la plume de l’auteur
ON REGRETTE : Rien.


mardi 28 février 2012

Lili bouquine : Robe de marié de Pierre Lemaitre.


Titre en VO : Robe de marié
Editeurs : Le livre de poche
Site du livre/de l’auteur : /
Ma note : 5/10
Quatrième de couverture : Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Toutes les critiques que j’avais lues à propos de ce roman noir étaient dans l’ensemble plutôt élogieuses, nombreux sont les bloggeurs qui ont apprécié Robe de marié, premier roman de Pierre Lemaitre. Ce livre figurait d’ailleurs dans les coups de cœur de pas mal de libraires que j’ai l’habitude de fréquenter, aussi a-t-il très rapidement aiguisé ma curiosité.

Après lecture, je ne sais, à vrai dire, pas tellement quoi penser de ce livre. Dans l’ensemble, il a su me séduire, du moins en ce qui concerne les deux tiers du roman, le troisième m’ayant énormément déçue. Oui, déçue. Rien à voir avec le style de l’auteur ou quoique ce soit, c’est véritablement le dénouement en lui-même qui m’a posé problème. Alors que durant les deux premières parties du roman, j’ai été tenue en haleine, tant et si bien qu’il m’était devenu impossible de lâcher l’ouvrage du regard, quand arrivent finalement les derniers pages, cela m’a fait l’effet d’un soufflé qui retombe à peine sorti du four et cela m’a empêché de savourer pleinement ma lecture.

Avant d’évoquer cette fin qui m’a gâché mon plaisir, je vais tout d’abord vous dire quelques mots au sujet de l’histoire en elle même. Robe de marié ou l’art de rendre une personne complètement folle. Car c’est bel et bien de folie que traite ce roman, une folie chronique provoquée et attisée par une autre personne, comme des braises par un tisonnier. Sophie, l’héroïne de ce roman, va être la victime d’un pervers qui, au fil des pages, va la manipuler de telle sorte qu’elle finira par se croire folle. On assiste réellement à la descente aux Enfers de cette trentenaire, de prime abord tout à fait banale, menant une vie rangée mais qui lui convient plutôt bien, et qui d’année en année va sombrer dans une folie orchestrée par un homme qu’elle ne connaît pas et dont elle ne soupçonne même pas l’existence. C’est un roman plutôt bouleversant et qui nous fait pas mal gamberger. L’écriture de Pierre Lemaitre est tellement vivante, presque cinématographique, qu’on a du mal à se figurer qu’il ne s’agit là que d’un roman, d’une simple fiction. Car au fond, tous les faits qui sont relatés dans Robe de marié pourraient parfaitement bien exister. Et qui nous dit que nous ne sommes pas nous aussi victime d’un pervers manipulateur, et si notre propre vie était aux commandes d’un psychopathe qui nous observe jusque dans notre chambre à coucher ou notre douche. Peut-être même qu’il nous observe en ce moment même ? Qui sait ? Peut-être cherche-t-t-il le meilleur moyen de nous faire perdre la tête, là, maintenant ! Peut-être faudrait-il que j’aille fermer mes volets et la porte à clefs tout de suite. Oui mais s’il a le double ? Le téléphone, mieux vaut garder le téléphone à portée de main…Ainsi, Robe de marié fait naitre en nous une certaine paranoïa et c’est en cela que j’ai aimé le roman. Pierre Lemaitre réussit plutôt son pari, un roman noir véritablement terrifiant, sans que cela nécessite beaucoup de sang, éclaboussures rougeoyantes et de tripes éparpillées sur un sol poisseux, Robe de marié est un roman qui joue sur la psychologie et, en cela, il en devient effrayant. Car il touche l'humain de l'intérieur, le détruit entièrement, car sans l'esprit, le corps n'est plus qu'une coquille vide. Et cette vision que nous fait entrevoir Pierre Lemaitre dans son roman fait se glacer notre sang dans nos veines.

Néanmoins, comme je vous l’ai précisé plus haut, la fin m’a beaucoup déçue. Je l’ai trouvé bâclée, certains éléments m’ont parut trop invraisemblables, et l’auteur fait preuve de trop de facilité, ce qui m’a d’ailleurs beaucoup étonnée étant donné la complexité des deux premières parties du livre. Et puis j’ai trouvé la justification du titre, « robe de marié » au masculin, un peu légère et sans queue ni tête. J’ai refermé ce livre en faisant la grimace, et me disant « Mouais… il ne s’est quand même pas foulé ». J’ai eu la désagréable impression que l’auteur a voulu rapidement boucler son œuvre après avoir passé énormément de temps sur les deux premiers tiers. Bâclé, c’est vraiment le seul mot qui me vient à l’esprit. Et je dois dire que c’est bien dommage car Pierre Lemaitre était extrêmement bien parti !


ON ADORE : Le sentiment grisant de paranoïa que parvint à nous faire ressentir l’auteur.
ON REGRETTE : Un fin bâclée.


mardi 31 janvier 2012

Lili bouquine : Les visages, de Jesse Kellerman


Titre en VO : The Genius
Editeurs : Points (Sonatine pour le grand format)
Site du livre/de l’auteur : http://www.jessekellerman.com/
Ma note : 9/10
Quatrième de couverture : La plus grande œuvre d’art jamais créée dort dans les cartons d’un appartement miteux. Ethan Muller, un galeriste new-yorkais, décide aussitôt d’exposer ces étranges tableaux, qui mêlent à un décor torturé d’innocents portraits d’enfants. Le succès est immédiat, le monde crie au génie. Mais un policier à la retraite croit reconnaître certains visages : ceux d’enfants victimes de meurtres irrésolus…

MON AVIS SUR LE LIVRE

J’ai adoré me plonger dans cette aventure pleine de rebondissements et qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne. Jesse Kellerman, en plus de magner une plume tout bonnement magnifique, sait entretenir le suspens, c’est indéniable. Du début à la fin, les questions fusent dans notre esprit et ne trouvent une réponse qu’en temps voulu. Un timing parfait qui fait toute la singularité du livre.

Les visages est un roman poignant, entrainant, dans lequel s’illustre un personnage, Ethan Muller, galeriste d’art à New York, tout à fait attachant. La trentaine, en froid avec son père qui n’approuve pas son mode de vie, tandis qu’il n’est, lui-même, pas réellement en phase avec l’existence qu’il mène, lui aussi s’interroge longuement au cours du récit, il ne cache rien, comme un livre ouvert, il va partager avec le lecture la moindre de ses impressions. Le jour où il tombe sur l’œuvre de Victor Crake – des milliers de dessins tous plus brillants les uns que les autres et semblant avoir un lien étrange entre eux – tout bascule dans sa vie. Il se trouve obnubilé par ce chef d’œuvre, et le lecteur prend très facilement part à son obsession. Directement reliés à ses pensées les plus profondes, on l’accompagne dans sa réflexion tout au long de l’histoire.

On se retrouve très vite à mener l’enquête, à se questionner au même titre qu’Ethan. On a envie d’en savoir plus sûr cette œuvre mystérieuse, sur son auteur. Qui est ce Victor Crake, pourquoi a-t-il disparu ? A-t-il un lien avec les meurtres des jeunes enfants dont les portraits sont présents dans son œuvre ? Une intrigue fascinante et extrêmement bien ficelée. On sent très clairement le travail de recherche qu’a pu faire Jesse Kellerman et c’est très agréable de lire un écrivain qui sait de quoi il parle et qui, en plus de cela, parvint à nous intéressé à son histoire, au point d’en faire une obsession ou presque.

L’enquête est également ponctuée de petits interludes où l’on nous compte l’histoire d’une famille depuis la fin du XIX siècle – moment où l’un d’entre eux installe son commerce aux Etats Unis, jusqu’à nos jours. La famille de notre protagoniste qui, selon ce qu’on apprend, à beaucoup de squelette dans ses placards. Des petites pauses dans le récit, constructives qui plus est puisqu’elle nous permettent d’en apprendre d’avantage et qui font progresser l’enquête mine de rien – bien qu’au début on se questionne sur l’intérêt de ces intermèdes.

Le seul reproche que je pouvais éventuellement faire à ce roman, c’est son caractère descriptif qui peut en rebuter quelques-uns. Pour ma part, cela ne pas gêner, que du contraire, j’ai aimé que l’on m’expose les moindres petites détails de l’histoire, aussi ne puis-je que vous conseillé ce roman.


ON ADORE : Le personnage principal, l’intrigue, le suspens, la plume de l’auteur
ON REGRETTE : un style un poil trop descriptif.



dimanche 20 novembre 2011

Lili bouquine : Symfonia, tome 1: Ouverture, de Manon Toulemont


Titre en VO : Symfonia – L’ouverture
Editeurs : Les Editions du Rocher.
Site du livre/de l’auteur : http://www.symfonia-livre.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture : « À présent la nuit.
Etincelant comme la promesse de sauvages délices, le croissant argenté de la Lune luisait au sein du ciel noir de Paris. Sous le ténébreux voile céleste, les êtres nocturnes commençaient à peine de s’agiter tandis que les diurnes regagnaient leurs abris.
Pacôme regardait dehors. Il lui semblait que la Lune, là-haut, lui murmurait en continu de sombres litanies. Cette nuit serait La Nuit. »

Il y a des prédateurs, qui tuent pour se nourrir ou assouvir leur irrépressibles pulsions. Et il y a les magiciens dont les dons s’expriment à l’encontre de leur volonté, les plongeant dans un destin hors du commun, au cœur d’un engrenage macabre et paranormal et paranormal.
Aucun de ces cinq jeunes adultes d’exception n’imagine à quel point le cours de sa vie est sur le point de basculer.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Tout d’abord je tiens à remercier les Editions du Rocher et le site Livraddict pour le partenariat qu’ils m’ont accordé avec le roman Symfonia, tome 1 : Ouverture de Manon Toulemont.

Ce premier opus porte très bien son nom puisqu’il s’agit effectivement, ici, d’une mise en bouche, une Ouverture, et autant vous le dire tout de suite, les saveurs que nous propose Manon Toulemont avec son premier roman m’ont paru tout simplement exquises. Cela se déguste comme du bon vin ! Ou tiens, comme un verre d’un délectable AB négatif pour nos camarades aux dents longues. Aussi rare, aussi précieux.

Je me suis plongée avec délice dans cet univers singulier que je n’ai d’ailleurs trouvé dans aucun autre roman – peut-être quelques bribes, bien que très légères, dénichées dans chez Anne Rice ou encore Andréa H. Japp. -, j’ai adoré découvrir les rues de Paris dans lesquelles je n’ai mit les pieds qu’une ou deux fois dans ma vie et finalement me sentir presque comme une parisienne moi-même au fil des pages que je tournais. Je voyais quasiment les lumières de Pigalle défiler sous mes yeux tandis que je lisais, le cimetière Montmartre, les stations de métro…Comme si j’y étais.

Les personnages m’ont également ravis. Pacôme Sycomore, en premier, pour qui j’ai littéralement craqué. Ce vampire de 23 ans, asocial, éleveur de serpents et responsable sa sœur de quatorze ans, Alice. J’ai aimé le voir tenter de maîtriser la soif du démon qui l’habite et se dépatouiller dans des situations totalement rocambolesques. Un personnage tout en contraste, fort mais faible, attendrissant mais qui se montre parfois vraiment brutal, le genre de figure assez complexe que j’affectionne particulièrement.
On découvre également Ange d’Orypan, un prédateur à la psychologie plutôt effrayante mais pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine fascination. Personnage atypique de par sa simple nature, en effet, le blondinet au visage d’éphèbe se révèle être un siroy, soit une sirène mâle, une créature assez rarement développée dans la littérature fantastique. Manon Toulemont revisite le mythe de la sirène au travers de son Ange d’une manière tout à fait intéressante. On a hâte d’en connaître davantage !
Il y a aussi la jeune Olympe, étudiante en Lettres de dix-huit ans, bien que peu présente dans ce premier tome, dont les mésaventures m’ont réellement fait frissonner. Ses cauchemars pourraient être les nôtres et l’on s’imagine parfaitement bien à sa place et c’est en cela que l’atmosphère devient angoissante. Mon cœur s’est mit à palpiter activement à chaque fois que je lisais un passage concernant cette pauvre jeune fille, un sentiment que je recherche particulièrement lorsque je me plonge dans la lecture d’un thriller fantastique.
Pour rester du côté des filles, parlons maintenant de l’adolescente Alice Sycomore, sœur cadette du vampire. Présentée comme une collégienne tout à fait banale au début du roman, en dehors du fait qu’elle vive seule avec son frère de 23 ans, éleveur de serpents, on ne se doute pas une seule seconde de ce qu’elle peut garder au fond d’elle. Un personnage qui m’a également beaucoup intrigué et sur qui j’ai envie de recevoir davantage d’informations. La jeune Alice a, selon moi, énormément de potentiel dans la suite de l’histoire.
Finissons maintenant par Joseph, le malchanceux Joseph qui se trouve souvent au mauvais endroit, au mauvais moment. Le pauvre paie de son insouciance les mésaventures des autres, notamment celles de Pacôme qui prend un malin plaisir à le voir comme un punching-ball. Les situations qui lui tombent dessus malgré lui sont pour la plupart assez cocasse et, je l’avoue, m’ont fait sourire plusieurs fois.

Manon passe énormément de temps sur Pacôme, les trois quart du roman environ, au détriment des autres personnages – notamment Olympe et Ange -, ce que certains pourraient voir d’un mauvais œil, mais remettons seulement les choses dans leur contexte : l’intrigue gravite principalement autour de ce personnage, il semble tout à fait approprié qu’il soit plus présent que les autres dans l’histoire de ce premier volume. Il est l’élément déclencheur, le pilier central, tandis que les autres personnages ne font l’objet que d’une introduction et je suis prête à parier que les tomes suivants nous laisserons les découvrir plus en détails.

En dehors de sa faculté incroyable à créer des personnages palpables et étonnamment profonds, Manon Toulemont possède une plume des plus élégante, un vocabulaire riche ainsi que de jolies tournures de phrases. Quelques longueurs encombrent parfois le récit, bien qu’assez rare et la plupart du temps justifiées, mais n’enlève rien du charme que j’ai décelé dans ce livre.
L’auteure a également une manière exquise de nous délivrer les informations au compte-goutte, ce qui a pour effet de fournir son roman en suspens. Le mystère plane sans arrêt et le lecteur se trouve en éveil constant. Une caractéristique propre au genre du thriller et qui, pour une fois, n’est pas laissé de côté.

Vous l’aurez comprit, Symfonia, ouverture fut pour moi un véritable coup de cœur, un roman à lire, relire et rerelire. Manou Toulemont, de part son jeune âge et la fraicheur de son écriture, donne, sans conteste, un coup de fouet au genre du thriller fantastique. Et on en redemande ! Néanmoins, certaines scènes pourraient heurter les âmes les plus sensibles, vous voilà prévenus !


ON ADORE : Les personnages, les situations auxquelles ils sont confrontés, le style de l’auteure, l’univers.
ON REGRETTE : Presque rien.



jeudi 20 octobre 2011

Lili bouquine : Entretiens avec une tueuse, d'Andréa H. Japp


Titre en VO : Entretiens avec une tueuse
Ma note : 7/10
Quatrième de couverture : On la paye. Elle tue. Son contact est un nommé Jean, il dirige le mystérieux « Institut » où elle a été élevée, ou plutôt dressée à tuer.
Elle a vécu aussi dans une caravane, en compagnie de Marigold, une prostituée. Puis parmi une bande de drogués marginaux.
Rien ne lui fait peur. C’est sa vie. Elle n’en sait pas plus. Il y a pourtant quelques éclairs d’amour. Lorsqu’elle recueille Angel, le bébé d’une toxicomane. Et lorsqu’elle rencontre Thomas, un jeune journaliste désireux de recueillir ses confidences. Mais une vie placée sous le signe de la violence peut-elle jamais y échappée.
La romancière de La Femelle de l’espèce va plus loin que jamais avec ce livre en coup de poing, hallucinante plongé dans la psychologue d’une tueuse.


MON AVIS SUR LE LIVRE
C’est le premier roman de l’auteure que je lis, cela fait pourtant très longtemps que j’ai envie de découvrir la plume d’Andréa H. Japp, auteure de nombreux polars et de nationalité française ! C’est vrai que d’ordinaire, j’ai plutôt tendance à me tourner vers les écrivains de nationalité étrangère, et particulièrement américaine je l’avoue, pour une raison que je ne définis pas très bien moi-même. J’ai été enchantée de découvrir l’écriture délicieuse de Japp, un véritable bonheur à la lecture !

D’un autre côté, je reste septique qu’à la manière d’aborder l’histoire, car comme son titre l’indique, le roman parle des entretiens qu’une tueuse a eut avec un journaliste, un certain Thomas qui a besoin de recueillir son témoignage pour écrire un livre sur les tueurs à gage. Andréa Japp a choisi d’utiliser la première personne et donc de faire parler son héroïne, Théa, la tueuse qui retranscrit par écrit, dans une sorte de journal, ces fameux entretiens dont elle garde une trace en vidéo. Ainsi, on distingue trois temps dans ce roman. Le premier qui concerne le passé de Théa que cette dernière raconte à Thomas, le deuxième qui se déroule durant les douze jours d’entretiens que les deux protagonistes passent, et le troisième qui correspond au moment où Théa retranscrit elle-même les entretiens. Au début, j’avoue avoir eu un peu de mal à m’y retrouver, mais on s’y fait relativement vite une fois qu’on a prit nos marques.

Venons-en maintenant à l’histoire de Théa puisque c’est cela qui nous intéresse réellement. Cette dernière nous raconte sa vie depuis ses cinq ans jusqu’à environ ses quarante. Théa est retrouvée à l’âge de cinq ans, seule et livrée à elle même, dans les métros de Paris, et envoyée, par la suite, dans ce qu’elle appelle « L’Institut » où elle demeurera jusqu’à ses douze ans. Elle recevra alors son éducation de tueuse, malheureusement passé sous silence. Elle commet son premier meurtre à douze ans, c’est alors qu’elle se met à fuir, pour une raison que je n’ai pas trop saisie, et se réfugie dans la caravane d’une prostituée du nom de Marigold. Elle restera au côté de cette femme quelques temps avant de se retourner une nouvelle fois dans le métro, puis, très vite, au sein d’un gang de drogués violent où elle restera quelques temps. Les évènements s’enchaineront de la même manière tout au long de sa vie. Rien n’est rose dans son monde et pourtant, j’ai décelé une certaine tendresse dans ce roman. Un sentiment qui surprend assez au cœur d’un univers si sombre. En effet, Théa, du faite que sa vie est assez singulière, possède une vision différente de la notre des choses qui l’entourent. Notamment de la mort, du monde de la drogue, de la violence etc. Elle aborde ces thèmes avec légèreté et ne se fait d’illusion sur rien. Les choses sont comme elles sont. Point. J’ai beaucoup aimé la manière de penser de la tueuse et cette tendresse qu’elle porte justement à ses victimes. Elle donne la mort sans haine, elle tue parce qu’il faut le faire (parce qu’elle est payé pour cela, ou pour une raison X qui justifie son meurtre). Un point d’autant plus étrange quand on sait que cette histoire est une histoire de vengeance. Si l’on doutait qu’il pouvait exister une vengeance sans haine, il suffit de lire Entretiens avec une tueuse pour changer d’avis. La révélation finale est aussi un gros point fort du roman, un rebondissement auquel je ne m’attendais pas ! Je n’en dis pas plus pour vous laisser la surprise ! C’est exactement cela qui m’a fait aimé ma lecture.

Passons aux éléments qui m’ont le moins séduite. Tout d’abord, de part le titre du roman, je m’attendais à découvrir la formation d’une tueuse à gage, sa vie de tueuse, ses meurtres, ses contrat mais bizarrement cela ne concerne qu’une infime partie de l’histoire. Je comprends la démarche d’Andréa H. Japp qui a voulu privilégier le côté humain et non machine à tuer de son personnage, et cela rend Théa beaucoup plus touchante, néanmoins, je suis un peu déçue. À demi, cela dit. J’aurais souhaité lire plus de pages aux sujets de sa formation et de ce fameux Institut. Je m’interroge également au sujet du prologue qui, à mon sens, est de trop et n’apporte rien de plus à l’histoire. Pourquoi Andréa a-t-elle choisit de clore son roman de la sorte ? Une question qui demeurera sans réponse puis qu’elle n’a écrit aucune suite.

Entretiens avec une tueuse n’est pas réellement un coup de cœur, mais j’ai beaucoup apprécié la douceur de la plume d’Andréa et renouvellerais volontiers l’expérience.