jeudi 20 octobre 2011

Lili bouquine : Entretiens avec une tueuse, d'Andréa H. Japp


Titre en VO : Entretiens avec une tueuse
Ma note : 7/10
Quatrième de couverture : On la paye. Elle tue. Son contact est un nommé Jean, il dirige le mystérieux « Institut » où elle a été élevée, ou plutôt dressée à tuer.
Elle a vécu aussi dans une caravane, en compagnie de Marigold, une prostituée. Puis parmi une bande de drogués marginaux.
Rien ne lui fait peur. C’est sa vie. Elle n’en sait pas plus. Il y a pourtant quelques éclairs d’amour. Lorsqu’elle recueille Angel, le bébé d’une toxicomane. Et lorsqu’elle rencontre Thomas, un jeune journaliste désireux de recueillir ses confidences. Mais une vie placée sous le signe de la violence peut-elle jamais y échappée.
La romancière de La Femelle de l’espèce va plus loin que jamais avec ce livre en coup de poing, hallucinante plongé dans la psychologue d’une tueuse.


MON AVIS SUR LE LIVRE
C’est le premier roman de l’auteure que je lis, cela fait pourtant très longtemps que j’ai envie de découvrir la plume d’Andréa H. Japp, auteure de nombreux polars et de nationalité française ! C’est vrai que d’ordinaire, j’ai plutôt tendance à me tourner vers les écrivains de nationalité étrangère, et particulièrement américaine je l’avoue, pour une raison que je ne définis pas très bien moi-même. J’ai été enchantée de découvrir l’écriture délicieuse de Japp, un véritable bonheur à la lecture !

D’un autre côté, je reste septique qu’à la manière d’aborder l’histoire, car comme son titre l’indique, le roman parle des entretiens qu’une tueuse a eut avec un journaliste, un certain Thomas qui a besoin de recueillir son témoignage pour écrire un livre sur les tueurs à gage. Andréa Japp a choisi d’utiliser la première personne et donc de faire parler son héroïne, Théa, la tueuse qui retranscrit par écrit, dans une sorte de journal, ces fameux entretiens dont elle garde une trace en vidéo. Ainsi, on distingue trois temps dans ce roman. Le premier qui concerne le passé de Théa que cette dernière raconte à Thomas, le deuxième qui se déroule durant les douze jours d’entretiens que les deux protagonistes passent, et le troisième qui correspond au moment où Théa retranscrit elle-même les entretiens. Au début, j’avoue avoir eu un peu de mal à m’y retrouver, mais on s’y fait relativement vite une fois qu’on a prit nos marques.

Venons-en maintenant à l’histoire de Théa puisque c’est cela qui nous intéresse réellement. Cette dernière nous raconte sa vie depuis ses cinq ans jusqu’à environ ses quarante. Théa est retrouvée à l’âge de cinq ans, seule et livrée à elle même, dans les métros de Paris, et envoyée, par la suite, dans ce qu’elle appelle « L’Institut » où elle demeurera jusqu’à ses douze ans. Elle recevra alors son éducation de tueuse, malheureusement passé sous silence. Elle commet son premier meurtre à douze ans, c’est alors qu’elle se met à fuir, pour une raison que je n’ai pas trop saisie, et se réfugie dans la caravane d’une prostituée du nom de Marigold. Elle restera au côté de cette femme quelques temps avant de se retourner une nouvelle fois dans le métro, puis, très vite, au sein d’un gang de drogués violent où elle restera quelques temps. Les évènements s’enchaineront de la même manière tout au long de sa vie. Rien n’est rose dans son monde et pourtant, j’ai décelé une certaine tendresse dans ce roman. Un sentiment qui surprend assez au cœur d’un univers si sombre. En effet, Théa, du faite que sa vie est assez singulière, possède une vision différente de la notre des choses qui l’entourent. Notamment de la mort, du monde de la drogue, de la violence etc. Elle aborde ces thèmes avec légèreté et ne se fait d’illusion sur rien. Les choses sont comme elles sont. Point. J’ai beaucoup aimé la manière de penser de la tueuse et cette tendresse qu’elle porte justement à ses victimes. Elle donne la mort sans haine, elle tue parce qu’il faut le faire (parce qu’elle est payé pour cela, ou pour une raison X qui justifie son meurtre). Un point d’autant plus étrange quand on sait que cette histoire est une histoire de vengeance. Si l’on doutait qu’il pouvait exister une vengeance sans haine, il suffit de lire Entretiens avec une tueuse pour changer d’avis. La révélation finale est aussi un gros point fort du roman, un rebondissement auquel je ne m’attendais pas ! Je n’en dis pas plus pour vous laisser la surprise ! C’est exactement cela qui m’a fait aimé ma lecture.

Passons aux éléments qui m’ont le moins séduite. Tout d’abord, de part le titre du roman, je m’attendais à découvrir la formation d’une tueuse à gage, sa vie de tueuse, ses meurtres, ses contrat mais bizarrement cela ne concerne qu’une infime partie de l’histoire. Je comprends la démarche d’Andréa H. Japp qui a voulu privilégier le côté humain et non machine à tuer de son personnage, et cela rend Théa beaucoup plus touchante, néanmoins, je suis un peu déçue. À demi, cela dit. J’aurais souhaité lire plus de pages aux sujets de sa formation et de ce fameux Institut. Je m’interroge également au sujet du prologue qui, à mon sens, est de trop et n’apporte rien de plus à l’histoire. Pourquoi Andréa a-t-elle choisit de clore son roman de la sorte ? Une question qui demeurera sans réponse puis qu’elle n’a écrit aucune suite.

Entretiens avec une tueuse n’est pas réellement un coup de cœur, mais j’ai beaucoup apprécié la douceur de la plume d’Andréa et renouvellerais volontiers l’expérience.



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