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dimanche 16 juin 2013

Lili bouquine : Once upon a time, t.1 : Renaissance de Odette Beane

Titre en VO :Once upon a time tale, book 1 : Reawakened
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur : /
Ma note : 3/10
Quatrième de couverture :
Il existe une ville dans le Maine où tous les personnages de contes de notre enfance sont piégés entre deux mondes, sous l'emprise de la terrible malédiction de la Méchante Reine. Pour Henry, dix ans, seule Emma, sa mère biologique qu'il n'a jamais connue, peut les délivrer. Lorsque le garçon la retrouve et lui annonce qu'elle est la fille de Blanche-Neige et du Prince Charmant, Emma pense qu'il s'invente des histoires. Inquiète, elle décide de le ramener chez lui, à Storybrooke, où elle fait la rencontre de Regina, l'inquiétante mère adoptive de Henry. Dans cette ville à l'atmosphère irréelle, Emma devra accepter son destin, car face à l'amour véritable, même les pires maléfices sont impuissants.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Suivant assidûment la série télévisée créée par Eddy Kitsis et Adam Horowitz, je ne pouvais passer à côté de cette novélisation écrite par Odette Beane, Once upon a time, tome 1 : Renaissance. Malheureusement, il confirme mon avis sur ce genre qu’est la novélisation, ce n’est pas la première fois que je suis déçue par ce type de récit. Ce roman a, pour moi, manqué de profondeur. Il retranscrit l’univers de la série mais en occultant, semblerait-il, tout sentiment, toute émotion. C’est presque trop scolaire, trop linéaire. Le style est sans relief, les différentes scènes bien moins explicites et compréhensibles qu’en format vidéo. Cette novélisation n’a, à mon avis, pas grand intérêt.

Pour les fans de la série télévisés, le livre paraitra trop fade, trop épuré et l’univers pas suffisamment exploité. Tout d’abord, l’auteure prend ici le parti de réduire les points de vue, tandis que dans la série ils sont multiples. Là, seuls ceux d’Emma Swan et Mary-Margaret Blanchard/ Blanche Neige semblent primer, ainsi les histoires des autres personnages, tels que Rumplestilskin, Belle, Cendrillon, Archie ou même Regina ne nous sont racontées que par Henry qui initie Emma, sa mère adoptive, aux véritables contes de fée et donc au passé des habitants de Storybrooke – ville dans laquelle chaque personnage des contes ont été transmuté après la mise en place de la malédiction par la Méchante Reine/Regina. Ces histoires sont en plus de cela assez bâclée, on passe très rapidement sur chacune d’elle, et pour celui qui n’est pas initié, elles n’auront aucun intérêt alors qu’elles sont souvent les points clefs de la série télévisée. J’ai été moi-même très déçue par ce côté là, d’autant que je suis d’avis que le format initial – et donc sous forme d’épisodes – ne se prête pas réellement au genre romanesque. Cela donne une impression décousue, hachée.

De plus, j’ai été dérangée par certaines omissions et une précipitation dans le déroulement de l’intrigue qui, selon mon point de vue, mettent en péril la compréhension du lecteur. Je me suis de nombreuses fois référée à la série télévisée pour éviter de m’embrouiller, et je pense qu’un novice – j’entends par là quelqu’un qui n’a pas connaissance de cet univers – se sentirait très vite perdu.

L’auteure n’a a priori pas capté l’atmosphère qui se dégage de la série initiale, ou du moins, n’est pas parvenue à nous la transmettre à travers sa plume. Elle n’a pas suffisamment fouillé son sujet et l’a rendu trop niais. Un livre que je ne conseille pas vraiment, en particulier si vous ne connaissez pas la série et que vous souhaitez mettre un pied dedans, en commençant d’abord par cet ouvrage. Regardez la série, elle est bien meilleure.

ON ADORE : /
ON REGRETTE : L’incompréhension de l’auteure quand à l’univers inital de la série télévisée.


mardi 15 mai 2012

Lili bouquine : Rani de Jean Van Hamme

Titre en VO : Rani
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur :
/
Ma note : 5/10
Quatrième de couverture : 1743. Amoureuse d’un bel officier anglais, une jeune noble française, Jolanne de Valcourt, abominablement trahie par son demi-frère Philippe, est accusée à tort de meurtre et de trahison. Après avoir été marquée au fer rouge de la fleur de lys, elle est condamnée à la déportation en Inde. Prostituée de force dans un bordel du comptoir de Mahé, Jolanne parvient néanmoins à s’évader. Elle manque de périr dans un naufrage mais est recueillie dans un village de pauvres pêcheurs indiens. Elle atteint finalement Pondichéry où elle se met sous la protection de la « princesse » Jeanne, la très charismatique épouse de Joseph-François Dupleix, gouverneur des cinq comptoirs français. Jusqu’au jour où Jolanne rencontre le séduisant Mishra Din Aktar, prince héritier et futur maharadjah de Chandrapur, qui fera d’elle sa troisième rani, sa troisième épouse... Au sein de ce palais doré, la jeune femme parviendra-t-elle à trouver sa place ? À surmonter la jalousie des autres épouses et, surtout, à oublier Craig, son bel officier anglais ?

MON AVIS SUR LE LIVRE


Jean Van Hamme, scénariste (BD et film), connu pour ses succès Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer ou encore Thorgal, nous offre ici l’histoire de Rani, préalablement destinée à la télévision (série en huit épisodes diffusée sur France 2) puis adaptée en BD (les 2 premiers tomes sont déjà parus aux Editions Le Lombard) ainsi qu’en roman. C’est du roman dont je vais vous parler aujourd’hui. Une œuvre de 439 pages qui rentrasse le parcours époustouflant de la jeune Jolanne de Valcourt en quête de justice. La jeune française, fille morganatique d’un Marquis périgourdin, est abominablement trahie par son demi-frère, Philippe, et accusée des crimes qu’il a lui même commis.

Jolanne de Valcourt est une jeune femme passionnée, tant sur le plan physique qu’intellectuel. Elle déborde de vitalité et n’a jamais froid aux yeux. C’est une figure forte, elle se détache sur un fond social strict qui voulait que les femmes demeurent soumises aux hommes. Jolanne, elle, est une femme libre et revendique fougueusement ce statut tout au long de son aventure. Qu’elle soit enrôlée dans une troupe de brigands, ou bien prostituée dans une maison de plaisir à Mahé, ou encore rani de Sandrapur, la jeune française garde sa force de caractère et son désir de liberté. C’est une battante, car elle n’aura de cesse que lorsqu’elle sera parvenue à prouver aux puissants qui la condamnent l’injustice dont elle est victime. Jolanne sait aussi se battre à l’épée, elle manie également l’arc avec beaucoup de finesse et monte à cheval comme un homme. En clair, une héroïne haute en couleurs comme on les aime.

Une aventure assez rythmée, et riche en rebondissements que nous sert là Jean Van Hamme. Les éléments s’enchaînent très rapidement, on pourrait d’ailleurs qualifier ce livre de page turner, un livre dont les pages se tournent presque d’elles-mêmes. Sur ce point là, il n’y a rien à redire, si ce n’est que certaines péripéties peuvent parfois nous paraître invraisemblables, mais comme le dit Van Hamme lui-même, cela fait partie de la fiction. Cela ajoute une part de rêve au récit, dans la mesure du raisonnable, bien sûr.

L’invraisemblance ne s’arrête d’ailleurs pas là, car Van Hamme choisit aussi de truffer ses méchants des pires défauts qu’on puisse imaginer, il pousse leurs personnages jusqu’au bout, ainsi ils sont exécrables au possible. Notamment Philippe de Valcourt qui n’a vraiment rien pour lui. Il est vaniteux, cupide, mauvais, malhonnête, menteur, perfide, méprisant, raciste, misogyne, violent…en clair tout ce qui fait un méchant digne de ce nom. Il n’y a aucune demi-mesure. Tout est noir ou tout est blanc, il n’y a pas d’entre deux chez Van Hamme. Et ce procédé peut être à double tranchant, car d’un côté, il nous rallie à la cause de Jolanne, son héroïne, on déteste avec elle son abominable demi-frère, et de l’autre, il tombe rapidement dans la caricature. Ici, malheureusement, s’il parvient à créer chez le lecteur une certaine animosité envers Philippe, il n’échappe cependant pas aux clichés. Dommage.

D’autant que le style qu’il emploie ici, étant beaucoup trop plat et dénué de la moindre émotion, nous empêche de créer de l’intimité avec son héroïne. Ainsi, son contraste entre Jolanne et son frère Philippe n’a pas l’effet escompté. La froideur de l’écriture de Van Hamme s’explique par le fait qu’il s’agisse ici de la retranscription d’un script au départ prévu pour la télévision, les dialogues sont repris mot pour mot et l’auteur ne s’attarde pas en longues descriptions, ce qui manque un peu parfois. De plus, et c’est voulu, la plume du scénariste est trop moderne pour l’époque, et pas seulement dans les dialogues. On ne se sent pas vraiment au XVIIIeme siècle, sans rendre pour autant les dialogues pompeux et utiliser l’imparfait du subjonctif, Van Hamme aurait pu un minimum adapter sa plume à l’époque de Rani, ne serait-ce que dans le récit du moins. Cela ôte, à mon sens, tout le charme de l’histoire.

Enfin, je m’interroge sur le choix du titre : Rani. Une rani est l’épouse d’un maharaja, et si, effectivement, Jolanne devient à un moment donné une rani dans cette histoire, ce n’est absolument pas le sujet de base du roman. C’est d’avantage le combat d’une femme, injustement accusée par son pays d’être une traître, doublée d’une meurtrière, plutôt que le destin d’une femme de maharaja. Une question qui, visiblement, demeurera sans réponse.

En clair, c’est un roman détente, sans prise de tête, mais qui manque cruellement de contenu, car en dehors des multiples rebondissements, des coups d’épée et autres pirouettes, l’auteur ne laisse pas passer beaucoup d’émotion dans son écriture et c’est bien dommage. Je conseille davantage la série télévisée, ou la BD, peut-être, plutôt que le livre, même si, toutefois, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

ON ADORE : L’aventure de Jolanne et le rêve qu’elle engendre.
ON REGRETTE : La plume un peu froide de l’auteur, un manque de vraisemblance, une caricature, parfois trop poussée, des personnages.