Affichage des articles dont le libellé est aventure. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aventure. Afficher tous les articles

mardi 15 octobre 2013

Lili bouquine : Le cercle des confidentes de Jennifer McGowan


Titre en VO : Maids of secrets, book 1.
Editeurs : Milan Macadam
Site de l’auteur :
http://www.jennifermcgowan.com/
Ma note : 8/10
Quatrième de couverture :
Lady Megan est le premier tome de cette série très originale qu’est le Cercle des confidentes. Elles sont cinq. Cinq jeunes femmes aux talents extraordinaires. Cinq espionnes de la reine Elisabeth 1re d’Angleterre. Elles sont ses yeux, ses oreilles. Chacune est unique. Voici l’histoire de la première d’entre elles, Lady Megan ! Ce 1er tome a pour personnage principal Meg Fellowes, 17 ans et voleuse désabusée. Elle rejoint un groupe d’espions féminins au service de la reine. Résoudre un meurtre, sauver la couronne et peut-être tomber amoureuse… de nombreux défis attendent notre héroïne !

MON AVIS SUR LE LIVRE

Une intrigue au cœur de l’Angleterre élisabéthaine, un cercle d’héroïnes indépendantes et intrépides, de l’action, des complots et une pointe de romance : en d’autres mots, le roman auquel je ne pouvais échapper !

Jennifer McGowan nous propose, avec sa saga Le cercle des confidentes, de suivre cinq jeunes femmes triées sur le volet pour intégrer une élite d’espionnes au service de la reine Elisabeth Ière. Chaque tome de cette saga sera dirigé selon le point de vue d’une des cinq filles, tandis que ce premier volume est dédié à Megan.

Toutefois, bien qu’il soit principalement centré sur Lady Megan, le tome est aussi celui de la découverte à la fois du cercle des cinq jeunes femmes et de la formation d’espionne qu’elles vont équitablement recevoir. On apprend à connaître chacune d’entre elles. On perçoit d’ores et déjà leur tempérament, elles sont par ailleurs diamétralement opposées, ce qui ajoute du piquant au roman. Elles réagiront toutes différemment aux diverses situations qu’elles devront affronter. Elles ne seront pas toujours d’accord les unes avec les autres mais apprendrons rapidement qu’elles doivent se souder pour que leur entreprise soit menée à bien. Elles n’ont également pas toute les même facultés, aussi leur alliance fonctionne comme un puzzle où chaque pièce a son importance pour que le tableau soit complet.

Ce qui est aussi intéressant de constater, c’est l’évolution de leur implication dans les tâches qui leur sont confiées. Au départ, elles sont plus ou moins enrôlées de force dans cette unité d’espionnes, et en particulier pour Megan qui a horreur des chaines qui entravent son esprit libertaire, et elles vont petit à petit prendre des responsabilités et adopter le slogan suivant : « Dieu sauve la reine, ou nous nous en chargerons ! ». Elles prennent conscience à mesure que le roman se construit de leur rôle et de la nécessité de protégé la reine Elisabeth Iere, y comprit d’elle même. La reine est en effet jeune et absolument pas à l’abris des choix malencontreux qu’elle peut faire, notamment en ce qui concerne ses prétendants.

La présence d’Elisabeth, bien que demeurant un personnage secondaire dans Le cercle des confidentes, est quasi-omniprésente. La reine est constamment dans l’esprit des cinq confidentes et principalement dans celui de Megan qui sera chargé de la surveiller de près. De plus, les brèves apparitions qu’elle peut faire sont assez emblématiques. La reine est certes très jeune mais elle possède déjà cette force de caractère qui a fait sa réputation. On constate sa poigne de fer et sa vision tranchante des choses qui l’entourent. Elisabeth était loin d’être une souveraine idiote, au contraire ! Elle prend assez souvent seule ses décisions – ce qui avait tendance à inquiéter ses conseillés d’ailleurs – et se fie à son propre instinct.

Pour en revenir au personnage de Megan, dite Meg ou « la fouine », c’est au départ une jeune femme discrète quand aux sentiments qu’elle nous confie, à nous lecteur, mais qui, petit à petit va se dévoiler. On connaît d’elle son passé de fille des rues. Orpheline de père et de mère, elle a été élevée par son grand père qui a toujours valorisé sa débrouillardise et sa mémoire extraordinaire. Megan est, au début du roman, membre d’une troupe de théâtre des rues. Des voleurs et arnaqueurs qui durant les représentations urbaines vident les poches des spectateurs. Megan a la malchance de se faire arrêter par un homme de la reine qui lui laissera deux options : subir la loi ou accepter de devenir espionne. Megan n’a cependant pas été choisie au hasard, mais bien pour sa faculté particulière. Le don de Meg est celui de retranscrire n’importe qu’elle conversation – en anglais ou non – à la lettre prés. L'espionne a beau ne pas savoir très bien lire ou écrire, elle est capable d’emmagasiner une nombre impressionnant d’informations qui sera utile à son équipe.

Megan est une jeune femme de nature méfiante et ce trait de caractère lui servira au cours de l’intrigue. Elle ne se laisse pas avoir facilement et en particulier par le beau Rafe dont elle ne parvient à déterminer les intentions. L’intrigue s’enroule autour de la venue des espagnols à Windsor, la reine demandera à ses espionnes de démanteler le complot qu’elle soupçonne. L’enquête est assez mouvementée et les pistes, multiples. On s’y emmêle d’ailleurs parfois un peu les pinceaux, mais rien de bien méchant. Ce qui est néanmoins très appréciables, c’est le suspens constant et la surprise qui demeure à la fin. Pour ma part, je n’avais vraiment pas vu le coup de venir !

Un excellent roman donc ! Je vous le recommande chaudement si vous aimez les intrigues très entrelacées et si vous avez un faible pour l’atmosphère de l’Angleterre de la reine Elisabeth Iere.


Image provenant site internet de Jennifer McGowan


ON ADORE : La formation des espionnes – les 5 caractères différents que l’on nous propose – l’univers.
ON REGRETTE : de se sentir parfois un peu perdu dans l’intrigue.


samedi 8 juin 2013

Lili bouquine : Le secret des Medicis de Theresa Breslin.


Titre en VO : The medicis seal
Editeurs : Milan Macadam
Site de l’auteur : http://www.theresabreslin.co.uk/
Ma note : 9/10
Quatrième de couverture :
Matteo s’est longtemps demandé qui il est vraiment. Sans famille, il a toujours vécu un peu à part. Un jour, un gentilhomme le prend sous sa protection. Avec lui, Matteo va tout apprendre, découvrir Florence, entrer à la cours des Médicis, rencontrer la mystérieuse Eléonore. En gardant, toujours accroché à la ceinture un mystérieux sceau, comme un secret autour de sa naissance.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Le secret des Médicis est l’histoire d’un jeune garçon, Matteo, que l’on suivra durant huit années au cours de ce roman. Ce garçon est un lambda – plus ou moins, on apprendra cela au cours de notre lecture – qui croisera la route de quelques personnages historiques célèbres et qui nous permettra, par ce biais, de nous faire découvrir un brun d’Histoire. Car ce roman, si son personnage principal et l’intrigue qu’il relate sont purement fictifs, s’encre dans un contexte très réel et relativement bien documenté.

L’Italie au début du XVIe siècle subit de fortes tensions politiques, elle est d’ailleurs divisée en plusieurs cités-Etats qui chacune à leur tour tâchent d’imposer leur lois, et c’est à cela que les personnages du roman font face. Matteo se retrouve parfois au cœur de conflits décisifs, comme nombreux italiens de l’époque. On assiste aux prises de certaines villes, à la résistance de quelques autres. On constate le pouvoir que les seigneurs et les grandes familles telle que les Medicis, les Sforza, les Ferrare ou les Borgia ont sur le peuple italien et son territoire. On voit également se succéder les souverains pontifes et constatons leur différence quand à leur implication dans ces guerres de territoire qui font rage sur le sol italien. Nous est décrit principalement la volonté de Jules II (Pape qui succéda à Pie III qui lui même avait succédé à Alexandre VI (Rodrigo Borgia)) d’unifier l’Italie, il s’y prend d’ailleurs pas l’offensive et n’hésitera pas à créer diverses alliance pour y parvenir.

Sont imbriqués dans le roman quelques personnages célèbres dont un très présent : Leornard De Vinci. Matteo, dès les premières pages du livre, est recueillit par le peintre qui le prendra sous son aile. De Vinci éduquera le garçon sans famille, lui ouvrira des horizons qu’il n’aurait jusqu’alors jamais envisagés. Cette proximité avec le peintre nous permet d’entrer dans son intimité et de le découvrir sous un jour que l’on ne lui connaissait peut-être pas. On l’assiste dans la majorité de ses entreprises. On le suit dans ses curiosités médicales et son entêtement à vouloir comprendre le fonctionnement du corps humain, dans sa persévérance à vouloir faire voler les êtres humains grâce à la confection d’une machine volante qui n’aboutira jamais, ou bien dans la passion qu’il met à peindre. Nous faisons tla rencontre de Mona Lisa que De Vinci représentera sur sa toile avec une formidable délicatesse, à l’image de l’amitié que l’auteure prête aux deux personnages.

D’autres personnages historiques nous sont présentés dans ce roman dont César et Lucrèce Borgia, Machiavel, Michel-Ange, Louis II de France, Jules II est bien d’autres. Le secret des Médicis est riche de la situation de l’Italie au début de la renaissance, c’est un véritable tableau qui se dresse sous nos yeux. On assiste en effet au grands faits historiques, mais également au mode de vie des anonymes. La peste qui fait rage, la famine, la difficulté que les familles ont à s’en sortir, le ballotage dont elles sont victimes et qui n’est le découlement que de ces guerres entre grandes familles italiennes se disputant le territoire. Tout cela est incroyablement bien retranscrit dans Le secret des Médicis qui est véritablement un livre étonnant.
Pour finir, le personnage de Matteo est réellement attachant. C’est un petit garçon d’à peine une dizaine d’année au début de cette histoire, et le suivre durant huit ans nous fait tisser des liens avec ce dernier. C’est un jeune homme curieux, loyal, inventif, extrêmement courageux et juste. Sur lui flotte un grand mystère, et en cela réside l’intrigue principale, bien qu’assez estompée, du roman. Il gardera sur lui tout au long du livre un sceau, un sceau appartenant à la grande famille Médicis dont il ne sait rien. Un sceau qui se révèlera être la clé de cette histoire.

ON ADORE : Le contexte historique formidablement bien exploité – le lien privélégié que le lecteur créer avec des personnages historique comme Leornard De Vinci – la plume de l’auteure – le personnage de Matteo – le suspens autour du sceau, maintenu jusqu’à la fin.
ON REGRETTE : /


jeudi 23 mai 2013

Lili bouquine : L'Ecole de la nuit de Deborah Harkness


Titre en VO :Shadow of night
Editeurs : Orbit (Calmann-Lévy)
Site de l’auteur :
http://deborahharkness.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
L'historienne Diana Bishop, issue d'une lignée de sorcières puissantes et le vampire Matthew Clairmont ont violé les lois de séparation des créatures. Lorsque Diana a découvert un manuscrit alchimique magique à la Bodleian Library, elle a déclenché une lutte dans laquelle elle est devenue liée à Matthew. Maintenant la coexistence fragile entre sorcières, démons, vampires et humains est dangereusement menacée. Cherchant la sécurité, Diana et Matthew ont voyagé dans le temps pour se retrouver à Londres, en 1590. Mais ils réalisent vite que le passé n'est un havre de paix. Retrouvant son ancienne identité en tant que poète et espion de la reine Elizabeth, le vampire retombe avec un groupe de radicaux connus sous le nom de l'École de la Nuit. Beaucoup sont des démons rebelles, les esprits créatifs de l'âge, dont le dramaturge Christopher Marlowe et mathématicien Thomas Harriot. Ensemble Matthieu et Diana chercheront le Londres des Tudor pour trouver le manuscrit insaisissable, l'Ashmole 782, et la sorcière qui va enseigner à Diana comment contrôler ses pouvoirs remarquables.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Vous vous souvenez peut-être de mon enthousiasme à l’égard du Livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness, que je découvrais fin Décembre dernier et que je plaçais automatiquement parmi mes plus grands coup de cœur de 2012. La suite, L’école de la nuit a su me séduire de la même manière, voire même davantage.

Ce second tome est une suite directe du premier, et grâce à une ouverture in medias res, on nous plonge instantanément dans l’action. À la fin du Livre perdu des sortilèges, les protagonistes, Diana et Matthew, entreprenaient un voyage dans le temps afin d’aider Diana à comprendre le fonctionnement de ses propres pouvoirs, mais aussi de trouver plus d’informations sur l’Ashmole 782 toujours disparu et de comprendre la force de l’union du couple que forment les personnages principaux. Dès les premières pages de L’Ecole de la nuit nous sommes catapultés à Londres, au beau milieu de l’an 1590 où Matthew, notre vampire, a déjà vécu. Je suis particulièrement friande des voyages dans le temps, ils m’a toujours fascinés et j’aime les voir exploités dans la littérature. D’autant plus que la maitrise du contexte historique par l’auteure ajoute un éclat très réaliste sur le roman. On se croirait réellement au cœur de l’Angleterre Élisabéthaine – sans risquer d’attraper la peste ou que sais-je ? Le beurre et l’argent du beurre comme on dit, ce n’est pas beau ? –, en outre, l'époque nous est exposée à travers le regard de Diana, une jeune femme contemporaine comme nous, lecteur, qui devra s’adapter aux uses et coutumes de l’époque.

Malgré son doctorat en histoire, Diana se trouve bien des fois déconcertée. Les normes physiques de l’époque notamment lui causeront en premier lieu des problèmes. En effet, sa taille toute contemporaine détonne avec celle des femmes du XVIe, très menues. On la prend pour une armoire à glace, d’origine allemande peut-être – apparemment, les allemandes avaient la réputation d’être gigantesques et peu gracieuses – ce qui provoque au départ quelques railleries à son égard. Son accent également, très américain, paraît étranger aux gens de l’époque. Diana va aussi devoir apprendre à être une femme du XVIe siècle, ce qui échaude au départ la femme indépendante du XXIe siècle qu’elle incarnait jusqu’alors.

Il est d’ailleurs intéressant de constater la manière dont l’époque dans laquelle ils sont propulsés va s’infiltrer en eux, à la fois les dévier de leur route principale et en ouvrir d’autres. Aussi contradictoire que cela puisse paraitre, ils apprendront mieux l’un de l’autre dans l’Angleterre de la fin du XVIe siècle que dans l’époque à laquelle ils se sont rencontrés.

Diana évolue notamment beaucoup dans L’Ecole de la nuit, en tant que femme et en tant que sorcière. Elle se révèle à mesure de l’avancée de l’histoire, car si au départ, elle se rattachait à Matthew comme son seul repère dans un univers qu’elle ne connaissait pas, elle prend petit à petit son envole et emprunte le chemin qui la métamorphosera en la femme qu’elle était destinée à devenir. Au cœur d’un siècle où les femmes devaient une soumission respectueuse aux hommes, Diana s’émancipe bien plus qu’au XXIe siècle. Elle prend des décisions conséquentes pour son avenir, en apprend davantage sur sa magie, sur son passé et sur l’homme qu’elle aime également. Car Diana n’est pas la seule chez qui s’opère un curieux changement.

Matthew, dont on ne savait pas grand chose jusqu’alors, est rattrapé par son propre passé. Son caractère mue et devient assez énigmatique, notamment aux yeux de son épouse Diana. On découvre le vampire sous un autre jour, et lui même ne s’était pas attendu à une telle transformation. Ce tome nous dévoile de nombreux secrets que le personnage gardait alors bien enfouis en lui, on entre dans son univers, et avons un aperçu de cette part d’ombre dont il parle souvent. Diana, elle-même, apprend à connaître son mari et cette situation, d’ailleurs, va secouer leur couple à plusieurs reprises. Ils auront à traverser un certain nombre n’épreuves durant ce second tome, mais n’en ressortiront que plus forts.

Le voyage dans le temps est ici remarquablement exploité, c’est une véritable plongée dans l’Histoire. On y retrouve un univers concret – Diana, elle-même historienne constate que le passé n’est pas du tout comme il est raconté dans les livres, cette constatation rend l’aventure vraiment réelle et s’éloigne ainsi de la fable –, on y rencontre des personnages ayant existés comme Christopher Marlowe, Elisabeth Ier d’Angleterre, William Shakespeare pour ne citer que les plus connus. La découverte du XVIe siècle est également assez variée, puisque les personnages voyagent et nous montrent ainsi une plus vaste étendue de l’époque, puisque chaque emplacement géographique est régit par ses propres règles et selon un mode de vie bien précis. On vit différemment à Londres et au cœur de l’Auvergne, ou encore à Prague. Cette dimension du roman m’a semblée très intéressante.

On remarque également dans L’Ecole de la nuit une duplicité des intrigues. Certes, Diana et Matthew avaient entrepris ce voyage dans le temps avec un but très précis, mais en ont été plus ou moins déviés au fil de l’histoire. Ils sont confrontés à des problèmes qu’ils n’avaient alors pas envisagés et doivent en premier lieu les résoudre avant de se consacrer à leur quête initiale.

C’est un roman excellent qui suit la lignée du premier volume. On y trouve autant de rigueur dans le maniement de l’intrigue et des rebondissements, autant de maitrise dans les sujets exposés, autant de perfectionnement dans l’élaboration de l’univers et des personnages. C’est une perle ! Je le conseille à quiconque aime l’Histoire, le genre fantastique et les intrigues complexes et travaillées.

ON ADORE : La documentation de l’auteur – la plongée au XVIe siècle – les personnage et leur évolution – les différentes intrigues auxquelles ils sont confrontées – la plume de l’auteure.
ON REGRETTE : Quelques légères longueurs peut-être ?


lundi 18 mars 2013

Lili bouquine : La Maîtresse de Rome de Kate Quinn


Titre en VO : Mistress of Rome
Editeurs : Presses de la cité
Site de l’auteur : http://www.katequinnauthor.com/
Ma note : 8/10
Quatrième de couverture :
Jeune esclave juive soumise aux caprices de l'arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Thea connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s'emploie de son mieux à les séparer. 
Cette dernière n'est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Thea ne tarde pas à être remarquée de l'aristocratie romaine... et d'un dangereux admirateur : l'empereur Domitien, un homme brillant mais cruel qui en fait sa favorite. Devenue la femme la plus influente de Rome, Thea doit plus que jamais garder son amour pour Arius secret.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Si vous recherchez l’évasion, je ne peux que vous conseiller La Maîtresse de Rome de Kate Quinn. C’est une véritable épopée dans laquelle nous plonge l’auteure. Elle nous embarque pour la tumultueuse Rome antique avec ses combats de gladiateurs, ses affrontements de fauves, ses banquets pantagruéliques, ses enjeux politiques, et ses codes sociaux.

Avec cela, l’auteure nous sert toute une palette de personnages plus déterminés et forts de caractère les uns que les autres. Chacun mène sa propre bataille mais ne cesse de se mêler aux autres aux travers des diverses intrigues qui ponctuent le roman. Kate Quinn nous expose ici plusieurs destins qui, bien que très différents au départ, s’entrecroisent constamment et font la force de son livre.

Chaque personnage que crée Kate Quinn possède sa personnalité propre ainsi qu’une réelle profondeur. L’auteure ne se contente pas de gratter la surface, elle creuse profondément et nous livre des figures aux caractères minutieusement définis. Elle va également jusqu’à exploiter des personnages historiques en les appropriant à son histoire.

Le personnage de Thea, bien que n’étant pas le seul protagoniste, est le point central de l’histoire. Le terme choisi pour le titre, « Maîtresse de Rome », la désigne sans le moindre doute. Il ne fait que souligner la force de volonté de la jeune femme, sa capacité à rebondir, à s’adapter à n’importe quelle situation qui lui ait imposée et surtout à survivre au milieu de cette arène aux lions qu’est la Rome antique. Ce titre montre que quelque soit les chaines qui nous entrave, libre à nous de savoir les briser, et d’en faire un force plutôt qu’une faiblesse. Thea nous prouve que peu importe le dénigrement dont on est victime, peu importe qu’on ne soit guère plus estimé qu’un animal, ce qu’il ne faut pas perdre de vue est notre propre vision de nous même. Ne pas laisser les autres l’influencer. Toujours se valoriser plutôt de s’automutilé. Tout être humain a de la valeur, si toutefois il parvient à se l’accorder à lui-même et à la défendre envers et contre tous.

Le récit est riche également de ses rebondissements. Quinn ne cesse de nous surprendre en nous imposant des situations toutes plus incroyables les unes que les autres. Elle nous entraine dans son histoire corps et âme. Nous vivons aux côtés des esclaves, des gladiateurs, des empereurs et des membres de la haute société romaine pendant 500 pages palpitantes. L’auteure sait nous surprendre et nous fait retenir notre souffle à de nombreuses reprises tant la tension est parfois intense.

Kate Quinn ne nous accorde aucun moment de répit et tient un rythme endiablé tout au long du roman. Un roman d’aventure, une vraie épopée qui, bien que gardant quelque fois le manque de vraisemblance propre au genre, nous entraine dans un autre monde et nous fait rêver. Ainsi, il ne nous reste plus qu’à fermer les yeux pour que l’aventure continue.


ON ADORE : Les personnages très fouillé – Les différents destin qui nous sont exposés – les rebondissements palpitants – le rythme effréné du roman.
ON REGRETTE : /


lundi 16 juillet 2012

Lili bouquine : La vie cachée de Katarina Bishop, t.2, Criminels d'exception de Ally Carter

Titre en VO : Uncommon criminals
Editeurs :Michel Laffon
Site de l’auteur :
http://allycarter.com/

Ma note : 3/10
Quatrième de couverture : Une professionnelle
Katarina Bishop, experte dans l’art du vol, connue depuis peu comme celle qui a réussi le casse du musée le plus sécurisé au monde.
Une mission
Récupérer la célèbre Émeraude de Cléopâtre, disparue depuis plus de trente ans, et la rendre à ses véritables propriétaires.
Des alliés
Des amis qui n’ont peur de rien et un amoureux prêt à tout pour lui venir en aide.
Une règle
Se battre jusqu’au bout.

MON AVIS SUR LE LIVRE

J’avais entendu nombreux bons avis au sujet de cette saga, aussi m’attendais-je à passer un agréable moment avec Criminels d’exception, eh bien, avec moi, cela n’a pas vraiment collé. Je ne suis vraiment pas emballée par ce second volet de Katarina Bishop – que j’ai lu sans passer par le premier tome. Ni les personnages, ni l’intrigue, ni même l’univers n’ont su me séduire. Pour moi c’est un bide, ou presque. Je reste toutefois indulgente car je suis bien consciente de ne pas être la cible de ce roman. En effet, je conseillerais davantage cette histoire à des enfants entre 12 et 15 ans.

Parlons d’abord des personnages, puisque j’en attendais beaucoup à ce sujet. Notamment en ce qui concerne Katarina dont je n’avais lu que des éloges. Une jeune fille dynamique. C’est vrai. Indépendante. On ne peut plus vrai. Qui n’a pas froid aux yeux. La encore on a tout bon ! En d’autre terme, c’est une voleuse hors pair, déterminée et qui sait très bien ce qu’elle fait. Elle est assez mature pour son âge (ce qui, parfois, n’est pas très crédible). Elle est tout ça, c’est vrai, mais je l’ai également trouvé très froide et extrêment puérile en amour (ce qui n’est pas vraiment en adéquation avec son personnage étant donné la maturité dont elle fait preuve dans d’autres domaines.) Je n’ai pas du tout accrochée, je ne suis d’ailleurs pas parvenu à créer le lien personnage/lecteur qu’on aime tant ressentir à chaque livre qu’on ouvre. Il en va de même pour les autres. Hale, Gabrielle, Simon et les autres ne sont guère plus pour moi que des noms dactylographiés sur une page blanche. Dommage.
Je vous parlais à l’instant de la puérilité de Kat en amour, il en va bien sûr de sa relation avec Hale. Mais que c’est mou, mes amis ! Ils semblent visiblement partager des sentiments, mais rien ne bouge. Absolument rien. C’est le calme plat. Un poisson rouge dans un bocal rond s’éclate davantage à en faire inlassablement le tour que ces deux là dans leur liaison. Bref, ce n’est pas, au fond, le plus important.

Passons à l’intrigue maintenant. Des rebondissements, des rebondissements et encore des rebondissements ! Le récit est dynamique, ça, il me semble difficile de le nier, néanmoins, j’avoue avoir perdu plusieurs fois le fil. Notamment, lorsque les protagonistes se mettent à parler dans leur jargon de cleptomane. « Et si nous leur faisions le coup de la Belle aux bois dormant, ou plutôt celui de la Reine des glace ? ». Mais de quoi parlent-ils ??? Je veux bien que cela rajoute un peu de fantaisie au livre, mais personnellement, je me suis sentie larguée (Car bien sûr, l’auteure n’a pas trouvé bon de nous donner la moindre explication. Cela aurait été trop facile), et relativement agacée à la longue. De plus, les multiples complications que l’on peut rencontrer dans le livre ont eu l’effet de me lasser. Trop de longueurs. Trop de prévisibilité également. On devine à l’avance comment les choses vont se dérouler. Je n’ai pas eu de réelles surprises, hormis le revirement de situation du début qui, je dois bien l’avouer, était bien vu.

Malgré tout ces défauts, l’écriture demeure fluide, sans rien de transcendant non plus. Aussi, je pense que c’est une lecture pour de jeune ados. Eux seront sans doute plus à même d’apprécier cette aventure que moi.

ON ADORE : Le fait qu’il soit accessible aux plus jeunes.
ON REGRETTE : Le peu d’attachant que l’on a avec les personnages, une intrigue plat et brouillon.


mardi 15 mai 2012

Lili bouquine : Rani de Jean Van Hamme

Titre en VO : Rani
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur :
/
Ma note : 5/10
Quatrième de couverture : 1743. Amoureuse d’un bel officier anglais, une jeune noble française, Jolanne de Valcourt, abominablement trahie par son demi-frère Philippe, est accusée à tort de meurtre et de trahison. Après avoir été marquée au fer rouge de la fleur de lys, elle est condamnée à la déportation en Inde. Prostituée de force dans un bordel du comptoir de Mahé, Jolanne parvient néanmoins à s’évader. Elle manque de périr dans un naufrage mais est recueillie dans un village de pauvres pêcheurs indiens. Elle atteint finalement Pondichéry où elle se met sous la protection de la « princesse » Jeanne, la très charismatique épouse de Joseph-François Dupleix, gouverneur des cinq comptoirs français. Jusqu’au jour où Jolanne rencontre le séduisant Mishra Din Aktar, prince héritier et futur maharadjah de Chandrapur, qui fera d’elle sa troisième rani, sa troisième épouse... Au sein de ce palais doré, la jeune femme parviendra-t-elle à trouver sa place ? À surmonter la jalousie des autres épouses et, surtout, à oublier Craig, son bel officier anglais ?

MON AVIS SUR LE LIVRE


Jean Van Hamme, scénariste (BD et film), connu pour ses succès Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer ou encore Thorgal, nous offre ici l’histoire de Rani, préalablement destinée à la télévision (série en huit épisodes diffusée sur France 2) puis adaptée en BD (les 2 premiers tomes sont déjà parus aux Editions Le Lombard) ainsi qu’en roman. C’est du roman dont je vais vous parler aujourd’hui. Une œuvre de 439 pages qui rentrasse le parcours époustouflant de la jeune Jolanne de Valcourt en quête de justice. La jeune française, fille morganatique d’un Marquis périgourdin, est abominablement trahie par son demi-frère, Philippe, et accusée des crimes qu’il a lui même commis.

Jolanne de Valcourt est une jeune femme passionnée, tant sur le plan physique qu’intellectuel. Elle déborde de vitalité et n’a jamais froid aux yeux. C’est une figure forte, elle se détache sur un fond social strict qui voulait que les femmes demeurent soumises aux hommes. Jolanne, elle, est une femme libre et revendique fougueusement ce statut tout au long de son aventure. Qu’elle soit enrôlée dans une troupe de brigands, ou bien prostituée dans une maison de plaisir à Mahé, ou encore rani de Sandrapur, la jeune française garde sa force de caractère et son désir de liberté. C’est une battante, car elle n’aura de cesse que lorsqu’elle sera parvenue à prouver aux puissants qui la condamnent l’injustice dont elle est victime. Jolanne sait aussi se battre à l’épée, elle manie également l’arc avec beaucoup de finesse et monte à cheval comme un homme. En clair, une héroïne haute en couleurs comme on les aime.

Une aventure assez rythmée, et riche en rebondissements que nous sert là Jean Van Hamme. Les éléments s’enchaînent très rapidement, on pourrait d’ailleurs qualifier ce livre de page turner, un livre dont les pages se tournent presque d’elles-mêmes. Sur ce point là, il n’y a rien à redire, si ce n’est que certaines péripéties peuvent parfois nous paraître invraisemblables, mais comme le dit Van Hamme lui-même, cela fait partie de la fiction. Cela ajoute une part de rêve au récit, dans la mesure du raisonnable, bien sûr.

L’invraisemblance ne s’arrête d’ailleurs pas là, car Van Hamme choisit aussi de truffer ses méchants des pires défauts qu’on puisse imaginer, il pousse leurs personnages jusqu’au bout, ainsi ils sont exécrables au possible. Notamment Philippe de Valcourt qui n’a vraiment rien pour lui. Il est vaniteux, cupide, mauvais, malhonnête, menteur, perfide, méprisant, raciste, misogyne, violent…en clair tout ce qui fait un méchant digne de ce nom. Il n’y a aucune demi-mesure. Tout est noir ou tout est blanc, il n’y a pas d’entre deux chez Van Hamme. Et ce procédé peut être à double tranchant, car d’un côté, il nous rallie à la cause de Jolanne, son héroïne, on déteste avec elle son abominable demi-frère, et de l’autre, il tombe rapidement dans la caricature. Ici, malheureusement, s’il parvient à créer chez le lecteur une certaine animosité envers Philippe, il n’échappe cependant pas aux clichés. Dommage.

D’autant que le style qu’il emploie ici, étant beaucoup trop plat et dénué de la moindre émotion, nous empêche de créer de l’intimité avec son héroïne. Ainsi, son contraste entre Jolanne et son frère Philippe n’a pas l’effet escompté. La froideur de l’écriture de Van Hamme s’explique par le fait qu’il s’agisse ici de la retranscription d’un script au départ prévu pour la télévision, les dialogues sont repris mot pour mot et l’auteur ne s’attarde pas en longues descriptions, ce qui manque un peu parfois. De plus, et c’est voulu, la plume du scénariste est trop moderne pour l’époque, et pas seulement dans les dialogues. On ne se sent pas vraiment au XVIIIeme siècle, sans rendre pour autant les dialogues pompeux et utiliser l’imparfait du subjonctif, Van Hamme aurait pu un minimum adapter sa plume à l’époque de Rani, ne serait-ce que dans le récit du moins. Cela ôte, à mon sens, tout le charme de l’histoire.

Enfin, je m’interroge sur le choix du titre : Rani. Une rani est l’épouse d’un maharaja, et si, effectivement, Jolanne devient à un moment donné une rani dans cette histoire, ce n’est absolument pas le sujet de base du roman. C’est d’avantage le combat d’une femme, injustement accusée par son pays d’être une traître, doublée d’une meurtrière, plutôt que le destin d’une femme de maharaja. Une question qui, visiblement, demeurera sans réponse.

En clair, c’est un roman détente, sans prise de tête, mais qui manque cruellement de contenu, car en dehors des multiples rebondissements, des coups d’épée et autres pirouettes, l’auteur ne laisse pas passer beaucoup d’émotion dans son écriture et c’est bien dommage. Je conseille davantage la série télévisée, ou la BD, peut-être, plutôt que le livre, même si, toutefois, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

ON ADORE : L’aventure de Jolanne et le rêve qu’elle engendre.
ON REGRETTE : La plume un peu froide de l’auteur, un manque de vraisemblance, une caricature, parfois trop poussée, des personnages.


mardi 8 mai 2012

Lili bouquine : Francesca empoisonneuse à la cour de Borgia, de Sara Poole

Titre en VO : Posion : a novel of the Renaissance
Editeurs : MA Editions
Site du livre/de l’auteur :http://www.sarapoole.com/blog1/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture : Rome, été 1492. Dans les entrailles de la ville éternelle, le mal s’est réveillé. Le meurtre brutal d’un alchimiste va déclencher une course désespérée pour mettre au jour un complot visant à éteindre la lumière de la Renaissance pour replonger l’Europe entière dans les ténèbres moyenâgeuses. Déterminée à venger l’assassinat de son père, Francesca Giordano défie toutes les convenances en s’octroyant la charge d’empoisonneuse au service de Rodrigo Borgia, l’homme à la tête de la plus célèbre et la plus dangereuse famille d’Italie. Elle devient la confidente de Lucrèce Borgia et l’amante de César Borgia. En démêlant l’écheveau de la traîtrise et de la duperie, Francesca se lance à la poursuite du meurtrier de son père, allant des tréfonds du ghetto juif de Rome au sommet de la chrétienté elle-même, le Vatican. Sans le savoir, elle va ainsi provoquer l’ultime confrontation entre des forces immémoriales prêtes à utiliser ses désirs les plus enfouis pour accomplir leurs noirs desseins.

MON AVIS SUR LE LIVRE



Depuis Décembre 2011, ce livre flirte avec moi à chaque fois que je passe devant une librairie et je me suis enfin décidée à l’acheter, puis à le lire ! Et sachez que je ne suis pas déçue ! Quelle histoire, mes amis, mais quelle histoire ! Un véritable tourbillon dans lequel on se laisse entrainer avec délectation. Un univers bien fourni, sublimé par la plume délicate et savoureuse de Sara Poole. Une perle venue directement de la Renaissance !

Le contexte historique, ici, est superbement exploité, et c’est d’ailleurs l’un des gros points forts de ce livre. Sara Poole a su se documenter correctement et cela se ressent à travers les pages de son livre. C’est vraiment très agréable d’apprendre tout en lisant, car je peux vous assurer qu’avec Francesca empoisonneuse à la cour de Borgia vous approfondirez vos connaissances sur l’époque de la Renaissance, et ce à chacun des chapitres que vous propose Sara. Que ce soit à propos d’événements historiques, des uses et coutumes des gens de l’époque, de la mode vestimentaire, des relations homme/femme, de la médecine, du fonctionnement de l’Eglise – mode de vie des cardinaux, les libertés qu’ils prenaient, l’élection d’un pape etc. –, de l’architecture – notamment avec la chapelle Sixtine, tout juste construite à l’époque du roman, ou bien la basilique Saint Pierre, la première, avant la démolition et la reconstruction de celle qu’on connaît aujourd’hui – et d’autres éléments divers, Sara Poole nous fait nous sentir à la Renaissance. On baigne intégralement dans cette Rome corrompue, bien qu’artistiquement et intellectuellement très productive, du XVIeme (fin XV, plus exactement au début de cette histoire) et cette trempette franchement agréable ! Je n’hésiterai pas à plonger la tête la première dans le second tome, Francesca et la trahison des Borgia déjà publié chez MA éditions.

Des personnages attachants et intéressants. En premier lieu nous avons Francesca, notre narratrice, dix-neuf ans et déjà une femme à part entière. Responsable, volontaire, ambitieuse et incroyablement courageuse. La jeune empoisonneuse – qui, en forçant un peu le destin, succède à son père, empoisonneur officiel de Rodrigo Borgia – ne recule devant rien et tente le tout pour le tout pour arriver à ses fins. Malgré son métier, qui consiste à assassiner par empoisonnement ceux qu’on lui ordonne de tuer, Francesca reste une personne juste et rechigne à donner la mort lorsqu’elle n’a pas de véritable motivation (comme venger la mort de son père, ou sauver le peuple juif de l’extermination), elle n’est pas sans compassion et ne fera jamais de mal à un innocent. Tuer pour elle n’est pas sans conséquence, elle le sait et elle l’accepte, elle ne croit pas que l’absolution que peut lui fournir Borgia suffira à sauver son âme des flammes de l’Enfer, mais ne laisse pas sa peur de l’au-delà la dominer. Ainsi, on peut voir qu’elle possède énormément de volonté et c’est ce qui fait qu’on l’apprécie. À juste titre. C’est une véritable héroïne qui au lieu de se laisser envahir par ses défauts, sait les exploiter. Elle est intelligente, réfléchie et possède un savoir important sur l’art de potion et la botanique. C’est grâce à elle qu’on en apprend plus à ce sujet, car, sans pour autant nous fournir un manuel détaillé, elle nous parle de diverses plantes et ingrédients et de leur effet sur le corps humain. C’est très enrichissant, et pour ma part, j’ai trouvé ça passionnant.
On a aussi le personnage de Rocco, qui, comme Francesca, exerce un métier fascinant. Etant souffleur de verre, Francesca va le voir pour obtenir des bouteilles et ustensiles nécessaires à ses préparations, mais avant cela, Rocco était un ami de son père et celui de la jeune femme par la même occasion. On dénote, bien sûr, beaucoup de tendresse entre les deux personnages, et on espère bien évidemment qu’ils finiront ensembles. Rocco est un personnage intriguant, on sait au final peu de choses sur lui – bien que la fin laisse présumer qu’il n’en sera pas de même dans le tome 2 – mais néanmoins il est assez attachant. C’est un homme foncièrement gentil, doux, peu enclin au jugement – il semble très tolérant envers les juifs notamment –, responsable (veuf, il doit élever seul son enfant de dix ans) et talentueux. Son métier de souffleur de verre est décrit avec une telle poésie qu’il fait de lui une sorte de magicien, et donne à son personnage un caractère mystique et mystérieux. Etant également un ancien moine, et de part son métier d’artisan, il a possède beaucoup de relation et ainsi aidera Francesca dans ses diverses enquêtes.
J’aime beaucoup David Ben Eliezer aussi, un rebelle juif qui a la niaque et qui donnera tout le meilleur de lui même pour sortir son peuple, retranché dans un ghetto, de la misère. C’est un battant, il est fougueux, téméraire et s’il s’efface un peu trop à mon goût dans la seconde partie du livre, il est néanmoins d’une grande aide à Francesca dans la première. De plus, je doute que nous ayons fini d’entendre parler de lui. Il est, à mon sens, l’un des rivales de Rocco dans le cœur de notre héroïne, même si cette dernière ne le sait pas encore…
Sofia, la soigneuse juive, mérite également qu’on lui consacre un paragraphe. C’est une vieille femme, veuve, qui s’occupe d’un dispensaire au sein du ghetto juif de Rome. Elle possède un certain caractère, et c’est probablement ce qui lui permet de tenir au centre de toute cette misère qu’elle voit passer chaque jour dans son cabinet. C’est elle qui s’entremet entre David et Francesca en premier lieu, et qui les mènera à agir main dans la main.
Nous avons aussi Vittorio Romano, capitaine de la garde de Borgia, un homme au départ très froid, distant, bien qu’attentionné envers Francesca – qui pourrait être sa fille – se révèle être tolérant et profondément humain. Toujours là pour tirer Francesca du pétrin dans lequel elle se met, il est aussi bien conscient des risques qu’il prend pour servir Borgia. Il ferme les yeux sur beaucoup de choses, mais n’en devient pas pourtant, comme on pourrait s’y attendre, une brute épaisse qui ne fait qu’exécuter des ordres.
Quant à Rodrigo Borgia, bien qu’il demeure dans l’ombre du personnage de Francesca puisque c’est elle qui mène toute l’intrigue, n’est pas pour autant relayé au plan de personnage secondaire. C’est tout de même au sein de sa cour que tout se déroule, et l’on assiste ici à son ascension sur le trône de Saint Pierre. On remarquera à quel point il est perverti, bien moins pieux que la majorité de ses ouailles, il s’adonne à tous les plaisirs de la vie et sans la moindre retenu. On découvre qu’il est capable de tout, même du pire, pour parvenir jusqu’à ses fins. C’est un personnage dangereux, mieux vos figurer parmi ses amis. Pourtant, envers Francesca il se montre protecteur, et nous apparaît presque – j’ai bien dit presque – sympathique.
Il reste une foule d’autres personnages encore, mais j’ai peur de trop vous en révéler si je vous les présente maintenant. Sachez néanmoins qu’ils sont, comme ceux dont je vous ai fait le portrait plus haut, très complet et mérite qu’on s’attarde sur eux. Ne serrait-ce de par leur complexité.

Passons à l’intrigue maintenant, ou plutôt la double intrigue, car oui, il ya bien deux intrigues, distinctes mais pourtant très liées, qui rythment le roman. Je ne peux pas trop vous en dire, de peur de vous spoiler, mais sachez cependant que l’on ne s’ennuie pas. Il y a sans cesse des rebondissements, et le récit ne s’essouffle jamais. La perspective d’un second tome mouvementé se dessine également à la toute fin du roman et ça, on aime ! S’il y avait cependant un reproche à faire, ce serait au niveau de la seconde intrigue où il y a, peut-être, un brin de prévisibilité. Rien de bien méchant rassurez-vous, cela ne gâche en rien l’histoire et ne nous empêche pas d’être pris corps et âme dans la vague tumultueuse que nous propose ici Sara Poole avec Francesca empoisonneuse à la cour de Borgia. Un livre que je vous recommande chaudement !

Une dernière chose : pour ceux qui hésite à ce procurer le tome à cause du côté historique du roman, n’ayez crainte, rien de plombant ici, cela passe tout seul, la plume de Sara Poole est comme le morceau de sucre qui aide la médecine à couler, alors foncez !!

ON ADORE : L’univers, le contexte historique fourni et bien documenté, la double intrigue, les personnages
ON REGRETTE : rien.


mardi 27 mars 2012

Lili bouquine : La guilde de Nod, t.1 "Genèse" de Cécilia Correia


Titre en VO : La Guilde de Nod, tome 1 « Genèse »
Editeurs : Rebelle Editions
Site du livre/de l’auteur : http://cecilc.com/
Ma note : 8/10
Quatrième de couverture : Londres, fin du XIXe siècle. Elisabeth Rosebury, dite Lily, tente d’échapper à un mariage forcé. Elle est sauvée de justesse d’une agression par Guillaume, un vampire mélancolique vivant dans un étrange château. Lily porte en elle un lourd héritage, elle fait partie de ceux que l’on nomme les descendants de la malédiction. Eux seuls peuvent devenir vampires, et Guillaume, forcé par les lois obscures de la Guilde, n’a d’autre choix que de faire d’elle sa première éveillée. Mais cette transformation leur réservera des surprises, elle les entraînera dans une aventure passionnante, à la recherche d’un mystérieux Maître mage…


MON AVIS SUR LE LIVRE

J’avais entendu parler en bien de cette nouvelle saga, La Guilde de Nod dont le premier tome Genèse est paru en Janvier chez Rebelle Editions, et je ne suis absolument pas déçue de m’y être plongée à mon tour ! J’ai cédé à la tentation. Cécilia Correia est une auteure de talent, elle a su me séduire par son style poétique très agréable, ses tournures de phrase délicates et l’histoire des plus originales dans laquelle elle m’a littéralement embarquée dès les premières pages.

La singularité du roman commence d’abord par le contexte historique. Le XIXème siècle, Londres, quoi de mieux pour se mettre à rêver ? Les corsets élégants – à couper le souffle, si on veut user de mauvais jeu de mots –, les crinolines, les capes majestueuses, les chapeaux haut-de-forme…et je vous en passe des meilleurs.

Cécilia nous offre aussi un panel de personnages hauts en couleur, à commencer par Elisabeth Rosebury, surnommée Lily, notre héroïne. Une jeune femme de vingt-et-un ans qui ne manque pas de mordant – bien que se laissant parfois, peut-être, un peu trop porter par les événements. Guillaume, un Lord mystérieux, ancien croisé, qui joue du violon comme Orphée de sa lyre et dont on ne connaît encore que très peu de chose. Marcus, un légionnaire romain, qui aime les femmes – peut-être un peu trop d’ailleurs ;) –, combattant redoutable, c’est un allié de choix. Pour ma part, j’ai flashé sur ce personnage que j’espère retrouver dans les tomes suivants. Je l’ai trouvé sincère, d’avantage que Guillaume avec qui j’ai un peu de mal à accrocher, je dois bien l’avouer, mais je suis certaine que ce n’est une question de temps. Le lord saura me convaincre par la suite, j’en suis convaincue.

Un autre point fort, et pas des moindres, la mythologie, et donc l’intrigue qui en découle, développée ici par Cécilia Correia, est très complexe, mais si bien expliquée qu’on n’en perd pas une miette – du moins, cela n’a pas été mon cas, et dieu sait à quel point je suis étourdie, c’est pour vous dire. – On sent que l’auteure connaît son sujet et cela rend la lecture d’autant plus agréable. Cécilia mélange ici la religion monothéiste (ancien et nouveau testament) avec la mythologie gréco-romaine, et je dois dire que la solution des deux est plutôt réussie. D’autant qu’elle s’ancre parfaitement avec le mythe du vampire qu’à inventé l’auteure ici. Le fond est très bien construit, et depuis Anne Rice, je dois bien avouer que je n’ai pas trouvé de contexte si bien travaillé. Un grand bravo à l’écrivain !

L’intrigue en elle-même ne brille pas par son originalité, il s’agit, comme dans beaucoup de roman d’une quête que mènent les personnages vers le savoir qu’ils n’ont pas. En sommes, on retrouve le même schéma dans nombreux roman, mais ceci n’est pas un reproche, loin de là, car à côté de cela, le fil se suit plutôt bien. Comme le reste du roman est bien construit, le trajet qui plus est, est assez agréable.

Le seul petit bémol que j’ai déniché dans ce roman, c’est en effet l’insouciance d’Elisabeth qui, comme je l’ai évoqué plus haut, se laisse porter par les événements sans se questionner plus que cela. J’aurais aimé être d’avantage dans sa tête, la voir se poser mille questions, mais cela n’est que mon point de vue personnel, cela n’enlève en rien la qualité de ce roman. Je vous le conseil grandement !

ON ADORE : La mythologie ! C’est le gros point fort du roman.
ON REGRETTE : La passivité (assez légère) d’Elisabeth par rapport à sa situation.


vendredi 12 août 2011

Lili bouquine : À la poursuite de l'Atlantide, de Andy McDermott



Titre en VO : The Hunt for Atlantis
Ma note : 8/10.
Quatrième de couverture : Depuis la nuit des temps, la cité engloutie de l'Atlandide hante les esprits. Nina Wilde, une jeune archéologue new-yorkaise, le sait mieux que personne : ses parents, morts en mission au Tibet, ont donné leur vie pour elle.

Après des années de recherches, Nina est parvenue à localiser l'Atlantide. Hélas, elle est déavouée par ses pairs. Alors, quand le célèbre mécène Kristian Frost propose de financer son expédition, elle saute sur l'occasion. En compagnie d'Eddie Chase, un ancien agent des services secret britanniques, et de la sublime Kari, la fille de Frost, elle s'embarque dans une folle aventure archéologique.

Mais le sinistre Giovanni Qobras a juré de trouver l'Atlandide avant elle et de s'emparer du secret qu'elle recèle depuis plus de onze mille ans...Une course poursuite s'engage pour les salut de l'humanité. Ce secret, en effet, ne doit pas tomber entre de mauvaises mains...

De l'Iran au Brésil, des fonds de l'océan aux sommets de l'Himalaya, la quête de l'Atlantide mène à tout. À la mort, à l'amour...aux mystères les mieux protégés !


MON AVIS SUR LE LIVRE

À la poursuite de l’Atlantide par Andy McDermott est, pour moi, un très bon roman d’action. Riche en péripéties, on y retrouve les meilleurs ingrédients qui permettront à cette histoire de rivaliser avec les films de James Bond. Deux camps : un mécène richissime, Kristian Frost, qui offre son or à l’héroïne pour l’aider dans sa quête de l’Altantide, et un méchant, un vrai, comme on les aime, avec un nom de vil serpent et une bonne tête de mauvais, Giovanni Qobras, bien déterminé à trouver la cité perdue avant les gentils. Des scènes de combat à couper le souffle, décrite par l’auteur de façon très tangible. Une héroïne passionnée par ses recherches, un garde du corps, ex-agent des services secret britannique (comme par hasard), haut en couleur avec un humour décapant. Des complications, des revirements de situation, du mystère et le devoir de sauver le monde qui plombe sur les épaules des héros. Une aventure explosive dans laquelle on se plonge avec délectation.

Le grand atout de ce roman est bien sûr la manière dont l’auteur à choisi de nous emporter dans son histoire. Les événements s’enchaine comme dans un film, et rend ainsi le livre plus dynamique. Pas le temps de s’ennuyer, il s’y passe toujours quelques chose. Une attaque de Giovanni et ses hommes, Une tribu d’indigènes mécontents, une expédition sous-marine…Une histoire d’amour naissante, pour les fleurs bleues. On ne lâche les pages qu’après les avoir toutes lu jusqu’à la dernière. McDermott sait captiver son lecteur, rien n’est moins sur. Le seul bémol que l’on pourrait énumérer serait sans doute la présence d’un trop grand nombre de clichés, mais qui au final de dérange pas plus que cela. On prend plaisir à se plonger dans cette expédition avec le docteur Nina Wilde et Eddie Chase, son garde du corps et chevalier servant.

On déplore néanmoins que la suite des aventures n’est pas encore été traduit en français…


ON ADORE : L'humour et les répliques fracassante des personnages, la fluidité des scènes de combat, le dynamisme des chapitres, le suspens qui nous tiens en halène tout au long du livre.
ON REGRETTE : L’utilisation de clichés et le fait que la suite n'ai pas été traduit en français.