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samedi 5 avril 2014

Lili bouquine : Les étoiles de Noss Head #5 "Origines - 2ème partie" de Sophie Jomain


Titre en VO : /
Editeurs : Rebelle
Site de l’auteur : http://www.sophiejomain.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Le danger était aux portes de la cité. J’avais déjà affronté bien des tempêtes, mais celle qui venait vers nous était la pire de toutes. Un cataclysme, un fléau… Pourquoi ne nous croyaient-ils pas ? La mort s’apprêtait à s’abattre sur eux. Bientôt, le sang serait versé sur la Terre des loups. La désolation. Le néant. La ruine. C’est tout ce qu’il resterait. Ne pas fuir. Nous imposer et les convaincre. Pour les sauver tous. Pour le sauver… lui.

MON AVIS SUR LE LIVRE

( ! ) ( ! ) ( ! ) ( ! ) ATTENTION, JE TIENS À VOUS PREVENIR QUE CETTE CHRONIQUE COMPORTERA DES SPOILERS. JE TIENS À EXPRIMER MON RESSENTI SUR LE LIVRE ENTIER ET DIRE TOUT CE QUI M’A PLUS, PRENDRE POSITION PAR RAPPORT AUX DIVERS INVENEMENTS. JE VOUS CONSEILLE DE NE LIRE MON AVIS QU’UNE FOIS AVOIR LU LE LIVRE SEULEMENT. ( ! ) ( ! ) ( ! ) ( ! ) Les étoiles de Noss Head, t.5 : Origines 2ème partie ou la cerise sur le gâteau, le point sur la virgule, la pincée de cannelle sur un délicieux capuccino ! Comme tous les inconditionnels de Sophie Jomain, j’ai attendu la sortie de ce tome-ci comme le Messie. Sitôt acheté, sitôt dévoré ! Animée tant par le plaisir de retrouver les personnages que j’aime, que part le suspens qu’insuffle l’auteur de page en page.

J’ai lu le tome 4 il y a un an exactement, en rentrant du Salon du Livre, comme ici, et je me souviens avec exactitude de ce que j’ai ressentis en lisant – que dis-je en prenant en pleine figure – l’odieux cliffhanger que nous avait réservé Sophie Jomain. Le tome 5 recommence à cet exact moment, aussi ai-je eu l’impression d’être directement plongée dans l’histoire. De n’avoir fait aucune coupure. On se remet très vite les idées en place. La connexion entre Hannah et le lecteur est automatique, on ressent une empathie particulière pour elle. L’héroïne m’a véritablement épaté par son courage, sa persévérance et sa loyauté. Son monde s’écroule alors que l’homme qu’elle aime a oublié jusqu’à son existence, mais à aucun moment elle ne se laisse ensevelir par le désespoir. Au contraire, elle se bat jusqu’au bout, et c’est cette ténacité qui me fait apprécier Hannah. En plus du cœur extrêmement généreux dont Sophie Jomain l’a doté.

L’histoire ce tome 5 démarre donc in medias res et c’est exactement ce que j’aime. Notre cœur se déchire une seconde fois lorsque l’auteur nous fait vivre à nouveau la fin du tome précédent. Ce terrible « Qui êtes-vous ? » prononcé par Leith à l’égard d’Hannah. On n’entendrait presque le cœur de l’héroïne se briser, comme un verre en cristal fracassé sur le carrelage. Et notre peine ne s’arrête pas là, ce n’est au contraire que le commencement. On apprend assez rapidement que cette situation, cette perte de mémoire est irrévocable. Leith a tout oublié, son identité, son amour pour Hannah, son passé tout entier. Durant l’intégralité du roman, on ne cesse d’espérer qu’il retrouve la mémoire, qu’il refasse surface. Cet espoir nous tiens jusqu’à la toute fin du roman et nous fait tourner inlassablement les pages.

Ce dernier tome est également très fourni. La condamnation de Bonnie, d’abord, qui nous tiens en haleine. Le sacrifice d’Alastair, ensuite, qui choisi de provoquer en duel le frère de sa femme pour gagner la liberté de cette dernière. La mort de l’oncle de Leith m’a d’ailleurs extrêmement touchée. Il était un personnage secondaire, certes, mais très important pour la construction des personnages et notamment du couple de Leith et Hannah. Il est, avec sa femme Bonnie, un pilier sur lequel les personnages ont toujours pu se reposer. Il était également un homme droit, honnête et qui tirait tout ce qu’il possédait de la sueur de son front. Un personnage admirable que j’ai eu beaucoup de peine à quitter.

J’ai également été marqué par la proximité d’Hannah et Grigore. Troublée, je dirais. Car si je suis pro-Leith, je n’ai pas pu me résoudre à jeter la pierre à Hannah. Déjà parce que j’ai la certitude que Leith reste l’amour de sa vie et ensuite parce que j’aime beaucoup Grigore. Je me suis mise à éprouver une drôle de compassion pour lui, ainsi que pour Hannah qui doit gérer des sentiments qu’elle ne comprend pas, qu’elle n’a pas envie de ressentir. Grigore est, j’en suis persuadée, profondément gentil. Envers Hannah tout du moins. Il ne souhaite que son bonheur, et il a la noblesse de ne pas la revendiquer pour lui seul. Il respecte ses choix et l’amour qu’elle porte à Leith alors qu’il brule pour elle à un tel point que cela lui fait souffrir le martyre.

En toile de fond, on retrouve toujours la menace des Strigoy, ces guerriers vampires qui se sont sentis offensés du sauvetage de Darius dans le tome 4. Les vampires n’ont pas oublié leur rancœur et contre bien pourfendre Hannah, ses complices et en primes tout un refuge de loup-garous, leur pires ennemis. Hannah, tout au long du roman, a conscience que l’épée de Damoclès plane sur la tête des garous et tâche de prévenir leur chef qui, lui, refuse de prendre part à la querelle. Le lecteur ne peut que noter l’inconscience de ce dernier qui se voile la face et qui ne réalise que trop tard que la bataille est inévitable.

La scène de combat, par ailleurs, est époustouflante. J’ai été pris dans l’action exactement de la même manière qu’avec un film. C’était palpitant, déchirant. Tous les éléments étaient présents pour que l’on s’y croie vraiment. Sophie Jomain nous fend le cœur, à nouveau, en nous montrant toute la cruauté d’une guerre, et ce malgré la victoire. Il reste un goût amère dont on ne peut se dépêtrer et qui demeure longtemps sur la langue.
La fin du roman, et qui plus est de la saga des Etoiles de Noss Head, est bien évidemment heureuse. Mais on est loin du pays des bisounours. Hannah et Leith se sont retrouvés, certes, et ils s’aiments, c’est indéniable mais Leith a perdu sa mémoire à jamais. J’imagine parfaitement un futur heureux pour les deux protagonistes, mais cette petite ombre me chagrine. Je suis persuadées qu’il arriveront à surmonter l’épreuve et qu’il recommenceront une belle histoire d’amour – oui, j’écris ça comme s’ils étaient deux personnes réelles mais, à vrai dire, c’est un peu le cas dans mon esprit – mais je ne peux m’empêcher d’éprouver de la tristesse quand je pense que le pauvre Leith ne se souvient d’aucun détail de sa vie passée.

J’ai passé avec Les Etoiles de Noss Head de formidable moment. J’ai été secouée bien des fois, j’ai eu du baume au cœur aussi. J’ai vécu avec les personnages, j’ai éprouvé de la joie, de la tristesse pour eux. Je me suis impliquée dans leur vie comme s’ils s’agissait de membres de ma propre famille. Hannah, Leith, Darius, Grigore, Jeremiah, Bonnie, Al…Tant de noms qui me sont désormais familier et qui demeureront dans mon cœur encore longtemps.

ON ADORE : Un univers tellement riche, un tourbillon d’émotion constant, les personnages et leur courage.
ON REGRETTE : Que cela se termine ☹


mercredi 2 avril 2014

Lili bouquine : Les étoiles de Noss Head #4 : "Origines, 1ère partie" de Sophie Jomain


Titre en VO : Les étoiles de noss-head, tome 4 : Origines, partie 1
Editeurs : Rebelle
Site de l’auteur : http://www.sophiejomain.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Chaque fois que je croyais notre vie cousue de fil blanc, Leith et moi devions faire face à une nouvelle adversité, une nouvelle attaque. J’en venais à me demander si, un jour, nous goûterions à la paix à laquelle nous aspirions. Personne ne mesure vraiment l’immensité de sa chance quand il affirme que son existence est monotone. Personne. Aux innocents les mains pleines… C’est ce qu’on dit. Mais moi, je n’étais plus innocente du tout. Alors, que me réserverait le destin, cette fois-ci ? Que me volerait-il ? J’en avais une vague idée et j’allais devoir me préparer au pire.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Le tome 3 des Etoiles de Noss Head aurait parfaitement pu clore la saga sur un happy ending comme on les aime, mais Sophie Jomain a décidé de nous offrir un autre tome en deux parties, Origines, dont la première est époustouflante !

Nous retrouvons donc Hannah, bien dans ses baskets. Elle étudie toujours à St Andrews, mène tranquillement son train de vie avec Leith, son petit ami loup garou, elle même ayant rejoins la meute après sa récente transformation. Elle a gardé de très bon contacts avec ses amies les anges noirs. Tout va bien…jusqu’à ce que ça n’aille plus. Ce petit bonheur est entaché le jour où, au cœur même du campus de St Andrews, est retrouvé le cadavre décapité d’un ange noir. Nul ne sait qui a commis ce meurtre odieux, et pire encore…personne ne parvient a identifier le pauvre malheureux étêté. Encore plus inquiétant, ni Leith, ni Darius, l’ami ange noir d’Hannah, n’est joignable. Personne ne les a vu depuis plusieurs jours, et les rumeurs vont bon train. A-t-il été question d’un règlement de compte entre les deux absents ? On se souvient tous de l’inimitié qui sévit entre eux. L’hypothèse est probable. Toutefois, l’idée que Leith se soit enfui après avoir fait sauter le chef de l’ange noir de ses épaules est insupportable à Hannah. Elle n’y croit pas, et fera tout pour découvrir ce qu’il se trame réellement.

Le roman, comme vous pouvez vous en douter, démarre sur les chapeaux de roues. Dès les premiers chapitres, l’auteur place le lecteur sous tension et les y maintient durant presque la totalité de cette première partie. C’est intense, bouleversant. Un scenario épique qui nous trimbale de l’Ecosse jusqu’aux fins fonds des Carpates.

Nous sommes confrontés, comme l’héroïne, a une situation inconnue. Personne ne comprend ce qu’il se passe, mais tout le monde s’accorde sur l’urgence de régler les problèmes au plus vite. 1ere étape : retrouver Darius et Leith.

Hannah, dans ce tome-ci fait preuve d’énormément d’assurance, et bien qu’elle reçoit l’aide d’un petit groupe, et notamment d’un personnage en particulier : Grigore, elle est plutôt livrée à elle-même. Elle fait preuve d’une autonomie et d’un courage remarquable. Elle met les mains dans le cambouis comme on dit, et j’ai particulièrement apprécié cela. Non seulement, elle nous montre la force de son tempérament, mais en plus cette expérience lui permettra de se découvrir elle-même. Elle appréhendera ses nouvelles capacités, apprivoisera le lupus qui est en elle. On la voit sous un autre jour, en proie aux doutes parfois et mise en présence d’événements qui lui font peur mais qu’elle ne laisse pas prendre le dessus. Hannah, dans ce tome là, a extrêmement murie.

Grigore, ange noir qui déchaine la gente féminine (en particulier les lectrices de Sophie Jomain… :p), est très présent dans Origines, partie 1. Il l’était déjà un peu dans Accomplissement, mais ici, il se place directement aux côté de notre héroïne et l’épaule dans ce qu’elle entreprend. Il lui sert de soutient tandis que tous ses repères sont brisés, il devient un véritable ami pour elle et peut-être même au-delà. Il existe une loyauté naturelle en Grigore qui rend le personnage très charismatique à mon sens. Il est fort, il est protecteur, beau comme un dieu et possède un sens de l’humour assez affuté.

L’atmosphère est différente dans cet opus, cela marque réellement un tournant. La mythologique, à la fois du côté des anges noirs que des loup-garous est étoffée, on entre plus en profondeur dans l’univers des Etoiles de Noss-Head avec des enjeux tout autres que dans les trois premiers tome de la saga.

Pour conclure, je dirais que comme à son habitude, Sophie Jomain nous offre un final bouleversant. Si vous aviez trouvé celui du tome 2 déchirant, laissez moi vous dire que votre petit cœur va en prendre un coup. Ce n’était rien comparé à ce qui vous attend. La suite est a acheter et à lire de toute urgence dès le jour de sa sortie !

ON ADORE : L’atmosphère dans laquelle nous plonge l’auteur dès les premiers chapitre, les nouveaux enjeux, la combativité d’Hannah…
ON REGRETTE : /


vendredi 14 mars 2014

Lili bouquine : Mystic City de Theo Lawrence


Titre en VO : Mystic City
Editeurs : Pocket Jeunesse (PKJ)
Site de l’auteur : http://www.theolawrencebooks.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Aria Rose, la plus jeune héritière d’une des deux plus puissantes familles rivales de Mystic City, se retrouve promise à Thomas Foster, le fils des pires ennemis de ses parents. Leur union est sensée mettre fin à des décennies de vendetta politique, et réunir les habitants des Aeries, la classe dominante de la ville, contre les Mystiques bannis qui errent et fomentent dans ses bas-fonds. Mais Aria ne se souvient pas être tombée amoureuse de Thomas ; de fait : elle se réveille un matin avec de grandes zones d’ombres dans sa mémoire. Et elle ne parvient pas à comprendre pourquoi ses parents auraient accepter de s’unir aux Foster en premier lieu. Quand Aria rencontre Hunter, un rebelle et séduisant Mystique des bas-fonds, elle commence à retrouver des bribes de souvenirs, et comprend qu’il détient la clé de son passé. Les choix qu’elle sera amenée à faire sauveront ou condamneront la ville – et sa propre existence.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Mystic City est un pur régal ! J’ai été tellement subjuguée par ce roman que j’en ai oublié le monde qui m’entourait pendant les deux jours et demi qu’a duré ma lecture pour me laisser engloutir par le New York futuriste et enivrant qu’on découvre dans le livre.

Theo Lawrence m’a offert un tableau assez bluffant. Je me suis imprégnée de l’univers dès le premier chapitre. Je me suis très rapidement représentée la Grande Pomme qu’a imaginée l’auteur. Une ville reconstruite après le réchauffement climatique et la fonte des glaces qui a englouti la métropole telle qu’on la connaît. Dans ce futur, plus ou moins proche puisqu’en effet la date n’est pas indiquée, l’écart entre les différentes classes sociales s’est creusé. On distingue les personnes aisées, voir très aisées qui vive dans les Hauteurs, et de l’autre côté, ceux qui sont plus modestes, voir assez pauvres qui évolue dans les Bas-fonds, une endroit qui paraît assez sordide, laisser à l’abandon et que les riches préfèrent ignorer.

L’auteur a su créer une atmosphère particulière, ne serait-ce que par l’environnement dans lequel il fait évoluer ses personnages. Dans ce New York du futur, on se déplace en gondole ou bien par l’intermédiaire de transports en commun ultra-rapides et sophistiqués. Theo Lawrence a su donner du cachet à son univers. Il y implante également une forme de magie particulière, dispensée par les Mystiques, parias de la société doués de talents surnaturels.

Ce roman ne ressemble à aucun autre, et cela même s’il reprend l’éternel thème de l’amour maudit à la Roméo et Juliette. En effet, sur un fond de dystopie se dessine une romance qui suit la lignée Montaigu et Capulet, revisitée toutefois avec originalité.

Le personnage principal est Aria, une jeune fille d’environ dix-huit ans issue d’une des deux familles les plus influente de New York : les Rose. Si je peux ouvrir une parenthèse, j’aimerais vous dire à quel point j’ai apprécié de lire le récit à la première personne d’une jeune fille, écrit par un auteur masculin. Cela donne une sensibilité au texte que j’ai trouvé particulièrement intéressante. Pour en revenir à Aria Rose, sa position est assez peu enviable. En effet, au début du roman, la jeune fille a perdu la mémoire. On lui apprend qu’elle a défié ses parents en dissimulant son histoire d’amour avec Thomas Foster, fils du rival politique de son père, et qu’elle a été victime d’une overdose qui a mystérieusement effacé ses souvenirs. Après une brève convalescence, Aria assiste à la fête qui est donnée pour ses fiançailles avec l’amour de sa vie. Seulement, il y a un problème : Aria n’a aucun souvenir de Thomas et surtout, ne se souviens pas des sentiments qu’elle a éprouvés pour lui. De plus, elle a l’impression qu’on lui ment, que les choses ne sont pas telles qu’elles devraient être. Il y a anguille sous roche, elle le sait mais elle ne parvient pas à l’expliquer. Tout au long de l’histoire, elle tâchera de résoudre cette énigme.

Mystic City est une histoire de famille, d’amour, de trahison. Il y a des secrets, des complots, mais aussi de la tendresse et de la loyauté. Il est également question d’un peuple meurtri qui tente de faire entendre sa voix. Les Mystiques commencent, dans ce premier opus, à vouloir s’imposer, notamment par le biais d’un personnage emblématique que je vous laisse découvrir. On constate ici les prémices d’un tome 2 qui risque d’être palpitant.

Bien évidemment, je vous recommande ce roman qui m’a transporté dans une autre univers. Je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé !


ON ADORE : L’univers qu’à crée l’auteur – les personnages et leur relation.
ON REGRETTE :/


vendredi 31 janvier 2014

Lili bouquine : La Dernière Guerre, t.2 : 2nde vie de Fabrice Colin


Titre en VO : 2nde vie
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur : http://fabrice-colin.over-blog.com/
Ma note : 9/10
Quatrième de couverture :
Je m’appelle Rain, j’ai quinze ans. Je vis dans un monde ravagé par la guerre, où plus aucune femme ne peut avoir d’enfant. Un monde à feu et à sang que je dois traverser, car j’ai juré de retrouver Floryan. Pour s’échapper de l’Intermonde, il a fait le choix de la réincarnation en plongeant dans le Nihil. Mais au lieu d’un seul garçon, j’en découvre deux, Anthony et Eliott. Lequel est Floryan ? Je l’ignore. Nous devons cependant faire vite, car l’horreur qui ronge la Terre porte un nom : les « Élohim ». Or désormais, nous le savons, ces êtres sans émotions sont parmi nous… et notre désespoir est leur nourriture.

MON AVIS SUR LE LIVRE

J’ai lu le premier tome du dyptique de La Dernière Guerre à sa sortie l’année dernière, et j’avais vraiment beaucoup aimé. J’en avais d’ailleurs fait un coup de cœur. 49 jours avait été ma rencontre avec l’auteur Fabrice Colin qui est, tout de même, un incontournable dans la littérature jeunesse et Young-Adult. J’avais apprécié la plume de l’auteur mais également l’univers très dense qu’il proposait. Dans le premier opus de ce dyptique, j’avais apprécié le mélange des genres. J’y avais retrouvé un peu de fantasy, de science-fiction, le tout saupoudré de question métaphysique telles que celles de l’au-delà et du destin. En bref, j’avais trouvé l’univers innovant et très bien relaté. Le roman défilait comme un film dans ma tête, je me suis très facilement laissée emportée.

Ca été exactement pareil avec le deuxième tome, 2nde vie qui, pourtant, est assez différent. On change presque du tout au tout. L’univers est assez différent. Dans celui-ci, on se retrouve sur terre, en 2030, à travers le regard de Rain, un personnage féminin que l’on rencontre dans le premier tome. Rain a quinze ou seize ans, elle n’a plus de famille, plus d’amis et elle est à la recherche de Floryan, le personnage principal du tome 1 et de surcroit son petit ami, qui lui a donné rendez-vous aux portes d’une église dans le nord de la France. Le monde est ravagé par la guerre et la désolation, les citoyens du monde semblent craindre la suprématie des russes et des chinois qui ont visiblement la main mise sur le monde. Le tableau qui se dresse devant nous est assez déplorable. La misère et la détresse sont monnaie courante, Rain est forcée d’évoluer dans ce chao constant.
Rain est seule et désemparée. Floryan est aux abonnés absents et elle ne sait plus en qui avoir confiance. Elle se persuade que son petit ami ne l’a pas abandonné et qu’il est un possible candidat à la réincarnation. Si vous vous souvenez bien, à la fin du tome 1, cette éventualité était possible et Rain s’est préparée à cela. Elle n’est néanmoins pas sure d’y croire vraiment. L’espoir fait vivre, c’est ce qu’elle tâche de se souvenir à chaque minute qui passe. Et alors que la jeune fille allait perdre espoir, elle fait la rencontre de deux garçons radicalement différents mais qui, potentiellement, pourrait être la réincarnation de son amoureux.

Anthony, Eliott et Rain vont donc suivre le même chemin pendant un long moment. Leur aventure va les amener jusqu’en Amérique où ils suivront la trace des Elohims, une espèce d’entités supérieures se nourrissant du désespoir des humains. À eux seuls, ils ont l’ambition de déjouer leur plan et d’aider l’humanité à renaitre de ses cendres.

C’est tout ce que je peux vous raconter de l’histoire sans vous gâcher la lecture. Pour ma part, j’ai adoré. Cela a été génial, et pour une fois, je n’ai pas à attendre un troisième, quatrième, cinquième…cent-vingtième tome pour connaître l’issue d’une histoire. Entendons nous bien, j’adore les séries mais cela fait du bien aussi d’avoir accès à des récits qui sont bouclés rapidement. Si l’histoire de la Dernière Guerre n’a demandé que deux tomes, cela ne veut pas dire pour autant que cela a été bâclé. Au contraire, le récit est très fourni, très détaillé et assez riche en rebondissements. L’auteur a vraiment creusé son histoire pour nous offrir quelque chose d’enivrant et de véritablement original.

C’est également très touchant, et principalement grâce aux personnages dont on est forcé de s’enticher. Rain, tout particulièrement, est très attachante. C’est un petit bout de femme qui tâche de suivre dans ce monde hostile et qui, malgré tout ce qui peu lui arriver d’atroce, ne baisse jamais les bras. Elle a énormément de courage et pourrait presque faire tourner le monde sur le bout de son doigt comme s’il s’agissait d’un vulgaire ballon de basket.

Anthony et Eliott, bien qu’étant des personnages secondaires, ont également leur rôle à jouer. Chacun à leur manière, ils vont influer sur l’histoire. Eliott, notamment est un personnage assez mystérieux, au passé trouble. Il semble venir d’ailleurs et sa détermination à déjouer les plans des Elohim à qui il tâche d’échapper depuis qu’il est jeune intrigue le lecteur.

Au cours de leurs recherches, les trois acolytes vont être secoués plus d’une fois. Les revirements de situation sont nombreux, on ne s’ennui absolument pas ! C’est palpitant, entrainant. L’auteur nous embarque totalement dans son monde, il nous touche car l’on trouve dans La Dernière Guerre des destins qui pourrait parfaitement être les notre si notre Terre souffrait de la sorte. Ce futur, si l’on laisse de côté la part fantastique que viennent intégré la présence des Elohims, n’est pas si improbable que cela, et c’est justement ce qui rends le récit poignant. Une troisième guerre mondiale, et qui plus est nucléaire, pourrait parfaitement dévaster la surface du globe comme c’est le cas dans le roman. La montée des eaux, le baisse de l’infantilité…C’est un récit qui n’est pas si loufoque que cela et c’est la raison qui nous fait nous accrocher au roman. On souhaite que cela se termine bien, on en a besoin ! Car, au fond, on a beau lui faire tout le mal qu’on veut, notre Terre on l’aime et on veut qu’elle perdure encore longtemps !

Ce livre est plein de couleurs et d’émotions. Il fait appel à ce que nous avons au plus profond de nous, il nous met en condition. Je le conseille à tous, que vous aimiez ou non la science fiction, que vous aimiez ou non la fantasy…cela n’est ni l’un ni l’autre, c’est un mélange détonnant. Un pur régal ! ON ADORE : Les personnages – les tableaux que nous propose l’auteur – l’histoire tout simplement.
ON REGRETTE :Quelques longueurs vers le milieu du livre.


jeudi 16 janvier 2014

Lili bouquine : Le don du loup de Anne Rice


Titre en VO :The wolf gift
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur : http://annerice.com/
Ma note : 5/10
Quatrième de couverture :
Quand Reuben, vingt-trois ans, vient visiter la propriété de l’énigmatique et troublante Marchent Nideck, il est loin de se douter que sa vie va en être bouleversée. Dans la grande demeure perchée sur un balcon rocheux surplombant le Pacifique, une irrésistible alchimie s’opère entre Marchent et le jeune homme. Mais leur nuit idyllique tourne au cauchemar quand Reuben est violemment attaqué – et mordu – par une bête sauvage. Commence alors pour lui un processus de transformation à la fois terrifiant et exaltant. Et bientôt, partagé entre horreur et euphorie, Reuben se découvre des pouvoirs d’homme-loup. Tout en s’efforçant de protéger son terrible secret, il devra répondre à certaines questions qui mettent en jeu son identité profonde. Pourquoi a-t-il reçu le don du loup ? Quelle est sa vraie nature ? Et existe-t-il d’autres créatures à son image ?

MON AVIS SUR LE LIVRE

J’avais envie de lire le Don du loup depuis un moment. J’avais d’ailleurs même été tentée de me le procurer en anglais, car suivant Anne Rice sur Facebook et Youtube, j’avais eu les échos de la promotion du roman de l’auteure. J’aime énormément Anne Rice, elle figure parmi mes auteurs préférés en particulier grâce à ses Chroniques des vampires et son personnage de Lestat qui me touche beaucoup.

J’ai donc lu le Don du loup dès sa sortie en français et je dois vous avouer que ce ne fut pas une mince affaire ! Bien sûr j’ai retrouvé la prose sublime de la reine du fantastique, ce qui, je ne le cache pas, fut un vrai délice. Toutefois, je n’ai absolument pas été embarqué dans l’histoire, et c’est, je crois, ce qui a ralentis ma lecture. J’ai, au bas mot, mis trois semaines complètes, voire un peu plus, pour arriver à bout de l’ouvrage. Dans le fond, passer du temps sur un livre ne me dérange pas plus ce que cela, c’est lorsque l’histoire ne m’enchante pas vraiment que cela me gêne davantage.

La mythologie qu’a développée l’écrivain dans son roman n’est pourtant pas déplaisante. Au contraire, c’est original et bien ficelé. La patte Anne Rice en d’autres mots. Rien n’est laissé au hasard, la créatrice de Lestat a l’art d’amener les choses, d’enjoliver et de gratter au plus profond de son imagination pour ne servir un cocktail bien pensé. Il est ici question de lycanthropie comme le titre de l’ouvrage nous le laisse présumer. La référence en terme de vampires s’attaque désormais à une autre grand classique de la littérature fantastique : le loup garou. Il est d’ailleurs abordé, on s’en doute, de manière assez singulière.

Nous suivons Reuben, jeune journaliste de vingt-trois ans qui se retrouvera, par un malheureux concours de circonstance frappé du Don du loup. Son apprentissage de sa toute nouvelle nature nous rappelle celle de Lestat lorsque ce dernier fut transformé en vampire. Reuben, lui aussi est livré à lui-même et doit comprendre ce qui lui arrive par ses propres moyens. Il doit appréhender ses facultés nouvelles et cette soif justicière qui s’éprend de lui depuis qu’il a été mordu par un loup-garou.

Reuben est un jeune homme sympathique, auquel je n’ai pas particulièrement été attaché mais à qui je n’ai aucun reproche à faire non plus. C’est un personnage sensible, sincère et curieux. Il découvre avec le lecteur ce qu’est un lycan. Un « homme-loup » comme dit dans le roman. Il va effectuer des recherches approfondies, tenter de pousser à bout ses capacités. Tout au long de l’histoire, on suit son apprentissage. Les péripéties se déploient sur son chemin, mais la ligne directrice du roman est tout de même cette recherche autour du garou, et de l’envie de Reuben d’en savoir davantage sur ce qu’il est devenu.

Anne Rice nous offre une foison de détails, nous décrit les sentiments de son protagoniste avec intensité et sincérité. Il n’y a rien à dire sur ce point de vue là. Mon seul problème, c’est que je ne suis tout simplement pas entrée dans l’histoire. Je ne suis pas parvenue à m’y accroché suffisamment pour passer un bon moment. Je n’ai pas trouver l’intérêt de tout cela, je m’attendais peut-être à des rebondissements différents, et la perspective de ne pas les voir arriver à mesure que j’avançais – bien qu’assez péniblement – dans ma lecture m’a peut-être découragé.

Mon avis est donc assez mitigé. Partagé entre la joie de retrouver la plume de mon auteure chouchou et celle de n’avoir pas réussi à m’intéresser à l’histoire.

ON ADORE : La maniere dont Anne Rice décrit les choses – la mythologie
ON REGRETTE : L’histoire en général.


lundi 14 octobre 2013

Lili bouquine : Les chroniques de MacKayla Lane, t.1 : Fièvre noire de Karen M. Moning


Titre en VO : Dark Fever
Editeurs : J’ai lu
Site de l’auteur :
http://www.karenmoning.com/kmm/
Ma note : 9/10
Quatrième de couverture :
MacKayla Lane perd sa soeur Alina, victime à Dublin d'un assassinat aussi cruel qu'inexplicable. Devant la mollesse de la police locale, elle quitte le sud des Etats-Unis pour l'Irlande afin de mener sa propre enquête. Elle y découvre que sa soeur y menait une double vie pleine de mystère au milieu de créatures démoniaques.

MON AVIS SUR LE LIVRE

J’ai découverts Karen Marie Moning avec sa saga des Highlanders, et notamment avec le tome 1 : La malédiction de l’elfe noir (vous trouverez ma chronique : ici). J’avais apprécié ma lecture sans toutefois y trouver quelque chose de vraiment saisissant. Je me suis finalement laissée tenter par la série d’urban fantasy qui a fait connaître l’auteure et dont le thème était plutôt dans mes goûts. Les avis sur la toile à propos de ce livre fusent et ont su également exciter mon intérêt. Alors, quand Galleane a proposé la saga des Chroniques de MacKayla Lane pour le mois de Juillet dans son challenge 1 an/1 genre, je n’ai pas hésité plus longtemps !

Si le côté descriptif du roman, et particulièrement dans les premières pages, a été difficile à passer, je me suis ensuite laissée complètement embarquée dans l’histoire. L’univers et la mythologie développée – s’inspirant des légendes irlandaises – sont intéressants et recherchés. L’atmosphère, souvent pesante et par de nombreux moments terrifiante ajoute un réel cachet à l’histoire. Karen Marie Moning a su parfaitement donner la vie à son roman, elle lui a insufflé du caractère et elle nous captive totalement.

Nous embarquons, avec Fièvre Noire, pour l’Irlande et notamment Dublin où notre héroïne, Mac, vient enquêter sur la mort mystérieuse de sa sœur ainée. Mac va découvrir bien plus que ce à quoi elle s’attendait et basculer dans un monde où elle n’aurait jamais du entrer : celui des faës. Un peuple de créatures mystiques et ancestrales qui vit incognito parmi les humains. Mac découvrira qu’il existe tout type de faës mais que, quel qu’il soit, mieux vaut ne pas s’y frotter !

Les personnages sont atypiques. Nous allons particulièrement nous intéresser à Mac, notre héroïne, et Jéricho Barrons, un mystérieux libraire qui est visiblement bien plus que cela. Mac est une jeune femme entêtée, qui débarque d’un nuage tout rose – ou bien de Georgie, aux Etats-Unis, c’est selon les points de vue – en Irlande, pays dont elle ne sait rien. Elle est déterminée à découvrir la vérité qui englobe la mort de sa sœur. La jeune fille, dont les tenues pastel détonnent un peu sur l’arrière plan sombre du roman, mais dont l’unicité va au delà de l'apparence physique, va découvrir en Irlande ce qu’elle est vraiment et les pouvoirs qu’elle possède depuis toujours sans en avoir conscience. Son destin semble lié à celui des faës, qu’elle le souhaite ou non.

Jéricho Barrons, à la recherche d’une précieuse relique ayant appartenue aux faës verra en Mac un atout de premier choix. Bien qu’ils ne se fassent absolument pas confiance, l’un et l’autre, ils vont convenir d’une entente mutuelle et s’entraider. Leur accord est une nécessité, pour Mac il assure sa sécurité et consolide les faibles connaissances qu’elle a du monde dans laquelle elle plonge les pieds joints, pour Barrons, il lui offre de plus grandes chances de mettre la main sur ce qu’il cherche depuis des années. Jéricho Barrons est un mystère, on sait au final très peu de chose sur lui et c’est d’ailleurs ce qui déclenche tant de suspicion chez Mac à propos de son coéquipier. Elle ne sait pas si elle peut compter sur lui, et le lecteur se pose les mêmes questions. Cette incertitude au sujet du seul allié que notre héroïne semble avoir trouvé sur sa route va ajouter du piquant à l’intrigue qui n’en manque pourtant pas.

L’action n'est pas laissée sur la touche dans Fièvre Noire, car si l’auteure prend le temps d’exposer son univers avec beaucoup de détails, elle ne laisse pas l’action de côté. Le récit est très mouvementé et les situations très diverses. Le suspens également est omniprésent. L’auteur parvient à brouiller nos capteurs et l’on se voit bien souvent forcés de naviguer à vu. On ne voit rien venir, on n’imagine pas même une seconde ce qu’il va se dérouler dans les pages que l’on s’apprête à lire. Ce sentiment est assez grisant et motive notre lecture.

Fièvre noire est un premier tome stimulant dans lequel l’action n’est pas en reste et où l’on perçoit une amorce des tomes suivants. Le fantastique qui est developpé est assez original et très travaillé, c’est une bonne référence en matière d’urban fantasy !


ON ADORE : L’univers – la mythologie – les personnages et leur relation – l’intrigue – l’action.
ON REGRETTE :Un prin trop de description au début.


jeudi 5 septembre 2013

Lili bouquine : Erenn, t.1 : L'Eveil de Emily Musso

Titre en VO : Ereen, tome 1 : « L’éveil »
Editeurs : Rebelle, collection Chimère
Site de l’auteur : Emily Musso
Ma note : 5/10
Quatrième de couverture :
Désenchantée et peu confiante en l’être humain, Charline se réfugie dans les livres et la musique. Échapper à une existence sans saveur, tel est le but à atteindre. Quand elle rencontre Adrian, machiavélique, énigmatique et séduisant, c’est tout son univers qui bascule. Qui est-il ? Osera-t-elle braver ses principes pour percer les mystères qui l’entourent ? C’est en Irlande, qu’elle le rejoindra. L’Île d’Émeraude, terre de légendes et de magie…

MON AVIS SUR LE LIVRE

Erenn est un livre plein de mystères qui s’inspire de la culture et des mythes irlandais. Emily Musso nous emmène avec son récit sur la belle île d’émeraude et s’approprie les croyances locales. L’auteure nous exprime ici toute la passion qu’elle a pour cette terre de légendes.

Ce que j’ai justement apprécié dans ce roman c’est l’emprunte de l’auteure pour l’Irlande. Elle nous fait clairement partager son attrait pour le sol irlandais et ses légendes. En lisant le roman, on s’y sent véritablement, on apprends les mythes que véhiculent les irlandais depuis des siècles et qui font l’identité de leur pays. Ce livre regorge de banshees, de leprechauns et de tout le folklore irlandais.

Le personnage de Charline, que nous suivons dans cette histoire, va être littéralement happée par l’Irlande où elle décide de se rendre pour retrouver un homme pour lequel elle a eu un véritable coup de foudre lors d’une soirée à laquelle a elle assistée à Paris. La jeune femme, une fois rendue à Dublin où le bel Adrian réside, ne trouve qu’une porte close. Cela ne décourage pas notre héroïne pour autant, au contraire elle découvre soudainement pour l’Irlande un intérêt particulier. Elle a le sentiment d’appartenir à cette terre et va chercher à savoir pourquoi. C’est autour de cela que va tourner toute l’intrigue du roman.

Le pitch est assez alléchant et donne envie d’en lire davantage, toutefois, je dois admettre que j’ai trouvé ce premier tome assez brouillon. L’intrigue en elle-même est parfois trop flou, certains éléments ne sont pas très clairement exposés et on a quelque fois du mal à comprendre ce qui arrive aux personnages.

Le personnage principale, pour revenir à Charline qui est le point centrale de cette histoire, n’a malheureusement pas su me convaincre, ni même me séduire. Elle est d’abord d’un profond pessimisme. Certes, son passé n’est pas facile et toute personne normal serait aussi meurtrie qu’elle après ce qui lui est arrivé, néanmoins cela n’est pas le sujet du roman et nous attendons de notre héroïne un peu plus de consistance. Elle s’apitoie bien trop souvent sur son sort, tellement de fois que cela en devient risible. L’auteure mêle également le gothique à ce pessimisme, ce que je n’ai pas vraiment apprécié. Elle présente le courant gothique comme quelque chose de noir et de morbide. Je trouve qu’une telle image ne fait qu’alimenter les préjugés que l’on peut avoir à propos du gothique. Une personne gothique n’est, à mon sens, pas systématique quelqu’un de déprimé qui broie constamment du noir et qui pratique le SM, c’est assez réducteur. Le gothique est pour moi une position idéologique et un choix vestimentaire, pas l’illustration d’un profond mal-être. En dehors de cela, Charline est extrêmement crédule et facilement influençable. Elle accepte notamment assez facilement la tournure paranormale que va prendre sa vie, elle ne se pose pas plus de questions que cela en ce qui concerne la dimension fantastique de l’histoire. Cela paraît naturelle pour elle, trop pour être crédible.

Je n’ai également pas eu d’atome crochu avec Adrian, l’homme que Charline était venu rejoindre à Dublin et qui rejette notre héroïne dès qu’il n’est pas d’humeur à la voir. L’irlandais est extrêmement bipolaire. Ses sautes d’humeur m’ont profondément agacée et ont par moment réussi à me détacher du mystère qui plane sur son personnage.

Les idées qui sont développées dans Erenn sont assez intéressantes, toutefois elles sont maladroitement exploitées. L’univers est intéressant et intriguant, la fin est malheureusement un peu fouillie, l’épilogue, particulièrement, nous laisse assez perplexe. L’auteure réussit cependant à nous donner envie de connaître la suite, car elle place ses personnages dans une situation telle qu’il est impossible de ne pas se demander ce qui va leur arriver par la suite. J’ai l’espoir que l’auteure aura chasser les défauts de son premier tome pour nous en offrir un second palpitant.


ON ADORE : Se sentir en Irlande – les idées de l’auteure
ON REGRETTE : Le caractère des personnages – le caractère brouillon de l’intrigue.


jeudi 8 août 2013

Lili bouquine : Symfonia t.2 "L'Orchestre de l'Atome" de Manon Toulemont

Titre en VO : Symfonia, t. 2 : L’Orchestre de l’Atome
Editeurs : Editions du Rocher
Site de l’auteur : Symfonia – Le livre
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Six semaines se sont écoulées depuis les événements qui ont bouleversé la vie de Pacôme, Alice, Olympe, Joseph et Ange. Chacun se trouve désormais dans une toute nouvelle situation. Les deux prédateurs ont rejoint Dragon Rouge, en Allemagne, où ils développent leurs instincts de mort et se voient enrôlés dans une organisation obscure nommée Wolf, régie par la corruption, les manipulations et les trahisons. Alice, Joseph et Olympe sont quant à eux élèves de l’Institut Evnôm, à Brocéliande, où ils apprennent à exploiter leurs dons et découvrent un univers insoupçonné de la population humaine, féérique et parfois dangereux. Dans le même temps un homme, Luther Läke, compositeur fou et pionnier dans l’étude de la Symfonia, entreprend de recruter des magiciens afin d’assouvir de sombres ambitions. Lorsqu’il vient à entendre parler de l’Institut qu’Evnôm et que l’une de ses disciples, la redoutable Natasha, entre par hasard en contact avec Wolf, chaque camp semble destiné à se rencontrer… mais dans quelles circonstances ?

MON AVIS SUR LE LIVRE

Le premier tome de Symfonia, intitulé L’Ouverture avait été l’une de mes plus belles découvertes de l’année 2011 et si le second opus de cette saga, L’Orchestre de l’Atome, s’est fait attendre, il n’en est pas moins bon. Au contraire ! Déjà, il y a un an et demi, j’avais été bluffée par la finesse de la plume de l’auteure – qui, rappelons-le, à vingt ans tout juste – et l’originalité de son univers. J’avais adoré me plonger dans son histoire innovante et fraiche. J’y avais trouvé un étonnant thriller fantastique, mettant en scène des prédateurs, tels que les vampires ou les sirènes (siroy, entre autre), ainsi que des magiciens, des sorciers et des médiums. Ces impressions ont été dupliqué avec le tome 2 de la saga qui est tout simplement génial !

En lisant Symfonia, on est forcé de constater la maitrise que l’auteure a de son sujet et de son univers. Elle connait ses personnages sur le bout des doigts, elle sait appréhender leurs réactions face à diverses situations. Elle a un contrôle parfait sur les différents éléments qu’elle met en place dans son histoire.Le roman se construit petit à petit. Manon Toulemont le conçoit brique par brique, et chacun d’elles a de l’importance .

Si Ouverture était une sorte d’amorce, L’Orchestre de l’Atome nous plonge ici dans le cœur de l’action. Les cinq personnages principaux – Pacôme, Alice, Ange, Jospeh et Olympe, auxquels vont s’ajouter un certain Léo et une étonnante jeune femme du nom de Natasha – empruntent chacun leur propre chemin, semé d’embuches bien sur. Ils seront bien entendu amenés à se croiser, mais l’auteure leur réserve bien des surprises et ils devront y faire face avec plus ou moins de difficultés. Les personnages du roman sont ainsi forcés d’évoluer dans un monde qu’ils ne comprennent pas, et d’accepter des facultés qu’ils ne maitrisent pas toujours. Ils sont novices, pour la plupart. Qu’ils soient prédateurs ou bien magiciens, rien n’est simple pour eux. L’auteure ne ménage pas ses protagonistes, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais c’est peut-être aussi la raison qui nous fait aimer le roman. Avouons que si tout se passait convenablement dans la vie de nos héros…ce serait bien moins distrayant. ;)

L’Orchestre de l’Atome est riche en rebondissements. On ne s’ennuie pas un seul instant, et les personnages non plus, loin de là ! Ils sont sans arrêt confrontés à des situations délicates, voire assez périlleuses et ils s'en sortent avec plus ou moins d’habileté. Le rythme est effréné, l’univers fourni et très bien exploité. L’auteure nous mène par le bout du nez en nous conduisant la plupart du temps là où on ne s’y attendait pas. Rien, ou très peu de choses sont prévisibles. L’Orchestre de l’Atome est divisé en plusieurs intrigues qui se trouvent au final assez liées entre elles. Elles sont assez complexes et bien souvent, on ne voit rien venir. On va de découvertes en découvertes, et à mesure que l’auteure réponds aux questions que l’on se posait à la fin du premier tome, elle en sème de nouvelles et nous donne du grain à moudre pour les tomes à venir
.
Elle nous met l’eau à la bouche, et la fin, qui plus est, nous donne réellement envie de connaître la suite des évènements.

ON ADORE : L’univers complexe – la profondeur des personnages – l’originalité de l’histoire – les différents rebondissements – la plume de l’auteur
ON REGRETTE : Rien.


dimanche 16 juin 2013

Lili bouquine : Once upon a time, t.1 : Renaissance de Odette Beane

Titre en VO :Once upon a time tale, book 1 : Reawakened
Editeurs : Michel Lafon
Site de l’auteur : /
Ma note : 3/10
Quatrième de couverture :
Il existe une ville dans le Maine où tous les personnages de contes de notre enfance sont piégés entre deux mondes, sous l'emprise de la terrible malédiction de la Méchante Reine. Pour Henry, dix ans, seule Emma, sa mère biologique qu'il n'a jamais connue, peut les délivrer. Lorsque le garçon la retrouve et lui annonce qu'elle est la fille de Blanche-Neige et du Prince Charmant, Emma pense qu'il s'invente des histoires. Inquiète, elle décide de le ramener chez lui, à Storybrooke, où elle fait la rencontre de Regina, l'inquiétante mère adoptive de Henry. Dans cette ville à l'atmosphère irréelle, Emma devra accepter son destin, car face à l'amour véritable, même les pires maléfices sont impuissants.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Suivant assidûment la série télévisée créée par Eddy Kitsis et Adam Horowitz, je ne pouvais passer à côté de cette novélisation écrite par Odette Beane, Once upon a time, tome 1 : Renaissance. Malheureusement, il confirme mon avis sur ce genre qu’est la novélisation, ce n’est pas la première fois que je suis déçue par ce type de récit. Ce roman a, pour moi, manqué de profondeur. Il retranscrit l’univers de la série mais en occultant, semblerait-il, tout sentiment, toute émotion. C’est presque trop scolaire, trop linéaire. Le style est sans relief, les différentes scènes bien moins explicites et compréhensibles qu’en format vidéo. Cette novélisation n’a, à mon avis, pas grand intérêt.

Pour les fans de la série télévisés, le livre paraitra trop fade, trop épuré et l’univers pas suffisamment exploité. Tout d’abord, l’auteure prend ici le parti de réduire les points de vue, tandis que dans la série ils sont multiples. Là, seuls ceux d’Emma Swan et Mary-Margaret Blanchard/ Blanche Neige semblent primer, ainsi les histoires des autres personnages, tels que Rumplestilskin, Belle, Cendrillon, Archie ou même Regina ne nous sont racontées que par Henry qui initie Emma, sa mère adoptive, aux véritables contes de fée et donc au passé des habitants de Storybrooke – ville dans laquelle chaque personnage des contes ont été transmuté après la mise en place de la malédiction par la Méchante Reine/Regina. Ces histoires sont en plus de cela assez bâclée, on passe très rapidement sur chacune d’elle, et pour celui qui n’est pas initié, elles n’auront aucun intérêt alors qu’elles sont souvent les points clefs de la série télévisée. J’ai été moi-même très déçue par ce côté là, d’autant que je suis d’avis que le format initial – et donc sous forme d’épisodes – ne se prête pas réellement au genre romanesque. Cela donne une impression décousue, hachée.

De plus, j’ai été dérangée par certaines omissions et une précipitation dans le déroulement de l’intrigue qui, selon mon point de vue, mettent en péril la compréhension du lecteur. Je me suis de nombreuses fois référée à la série télévisée pour éviter de m’embrouiller, et je pense qu’un novice – j’entends par là quelqu’un qui n’a pas connaissance de cet univers – se sentirait très vite perdu.

L’auteure n’a a priori pas capté l’atmosphère qui se dégage de la série initiale, ou du moins, n’est pas parvenue à nous la transmettre à travers sa plume. Elle n’a pas suffisamment fouillé son sujet et l’a rendu trop niais. Un livre que je ne conseille pas vraiment, en particulier si vous ne connaissez pas la série et que vous souhaitez mettre un pied dedans, en commençant d’abord par cet ouvrage. Regardez la série, elle est bien meilleure.

ON ADORE : /
ON REGRETTE : L’incompréhension de l’auteure quand à l’univers inital de la série télévisée.


jeudi 23 mai 2013

Lili bouquine : L'Ecole de la nuit de Deborah Harkness


Titre en VO :Shadow of night
Editeurs : Orbit (Calmann-Lévy)
Site de l’auteur :
http://deborahharkness.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
L'historienne Diana Bishop, issue d'une lignée de sorcières puissantes et le vampire Matthew Clairmont ont violé les lois de séparation des créatures. Lorsque Diana a découvert un manuscrit alchimique magique à la Bodleian Library, elle a déclenché une lutte dans laquelle elle est devenue liée à Matthew. Maintenant la coexistence fragile entre sorcières, démons, vampires et humains est dangereusement menacée. Cherchant la sécurité, Diana et Matthew ont voyagé dans le temps pour se retrouver à Londres, en 1590. Mais ils réalisent vite que le passé n'est un havre de paix. Retrouvant son ancienne identité en tant que poète et espion de la reine Elizabeth, le vampire retombe avec un groupe de radicaux connus sous le nom de l'École de la Nuit. Beaucoup sont des démons rebelles, les esprits créatifs de l'âge, dont le dramaturge Christopher Marlowe et mathématicien Thomas Harriot. Ensemble Matthieu et Diana chercheront le Londres des Tudor pour trouver le manuscrit insaisissable, l'Ashmole 782, et la sorcière qui va enseigner à Diana comment contrôler ses pouvoirs remarquables.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Vous vous souvenez peut-être de mon enthousiasme à l’égard du Livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness, que je découvrais fin Décembre dernier et que je plaçais automatiquement parmi mes plus grands coup de cœur de 2012. La suite, L’école de la nuit a su me séduire de la même manière, voire même davantage.

Ce second tome est une suite directe du premier, et grâce à une ouverture in medias res, on nous plonge instantanément dans l’action. À la fin du Livre perdu des sortilèges, les protagonistes, Diana et Matthew, entreprenaient un voyage dans le temps afin d’aider Diana à comprendre le fonctionnement de ses propres pouvoirs, mais aussi de trouver plus d’informations sur l’Ashmole 782 toujours disparu et de comprendre la force de l’union du couple que forment les personnages principaux. Dès les premières pages de L’Ecole de la nuit nous sommes catapultés à Londres, au beau milieu de l’an 1590 où Matthew, notre vampire, a déjà vécu. Je suis particulièrement friande des voyages dans le temps, ils m’a toujours fascinés et j’aime les voir exploités dans la littérature. D’autant plus que la maitrise du contexte historique par l’auteure ajoute un éclat très réaliste sur le roman. On se croirait réellement au cœur de l’Angleterre Élisabéthaine – sans risquer d’attraper la peste ou que sais-je ? Le beurre et l’argent du beurre comme on dit, ce n’est pas beau ? –, en outre, l'époque nous est exposée à travers le regard de Diana, une jeune femme contemporaine comme nous, lecteur, qui devra s’adapter aux uses et coutumes de l’époque.

Malgré son doctorat en histoire, Diana se trouve bien des fois déconcertée. Les normes physiques de l’époque notamment lui causeront en premier lieu des problèmes. En effet, sa taille toute contemporaine détonne avec celle des femmes du XVIe, très menues. On la prend pour une armoire à glace, d’origine allemande peut-être – apparemment, les allemandes avaient la réputation d’être gigantesques et peu gracieuses – ce qui provoque au départ quelques railleries à son égard. Son accent également, très américain, paraît étranger aux gens de l’époque. Diana va aussi devoir apprendre à être une femme du XVIe siècle, ce qui échaude au départ la femme indépendante du XXIe siècle qu’elle incarnait jusqu’alors.

Il est d’ailleurs intéressant de constater la manière dont l’époque dans laquelle ils sont propulsés va s’infiltrer en eux, à la fois les dévier de leur route principale et en ouvrir d’autres. Aussi contradictoire que cela puisse paraitre, ils apprendront mieux l’un de l’autre dans l’Angleterre de la fin du XVIe siècle que dans l’époque à laquelle ils se sont rencontrés.

Diana évolue notamment beaucoup dans L’Ecole de la nuit, en tant que femme et en tant que sorcière. Elle se révèle à mesure de l’avancée de l’histoire, car si au départ, elle se rattachait à Matthew comme son seul repère dans un univers qu’elle ne connaissait pas, elle prend petit à petit son envole et emprunte le chemin qui la métamorphosera en la femme qu’elle était destinée à devenir. Au cœur d’un siècle où les femmes devaient une soumission respectueuse aux hommes, Diana s’émancipe bien plus qu’au XXIe siècle. Elle prend des décisions conséquentes pour son avenir, en apprend davantage sur sa magie, sur son passé et sur l’homme qu’elle aime également. Car Diana n’est pas la seule chez qui s’opère un curieux changement.

Matthew, dont on ne savait pas grand chose jusqu’alors, est rattrapé par son propre passé. Son caractère mue et devient assez énigmatique, notamment aux yeux de son épouse Diana. On découvre le vampire sous un autre jour, et lui même ne s’était pas attendu à une telle transformation. Ce tome nous dévoile de nombreux secrets que le personnage gardait alors bien enfouis en lui, on entre dans son univers, et avons un aperçu de cette part d’ombre dont il parle souvent. Diana, elle-même, apprend à connaître son mari et cette situation, d’ailleurs, va secouer leur couple à plusieurs reprises. Ils auront à traverser un certain nombre n’épreuves durant ce second tome, mais n’en ressortiront que plus forts.

Le voyage dans le temps est ici remarquablement exploité, c’est une véritable plongée dans l’Histoire. On y retrouve un univers concret – Diana, elle-même historienne constate que le passé n’est pas du tout comme il est raconté dans les livres, cette constatation rend l’aventure vraiment réelle et s’éloigne ainsi de la fable –, on y rencontre des personnages ayant existés comme Christopher Marlowe, Elisabeth Ier d’Angleterre, William Shakespeare pour ne citer que les plus connus. La découverte du XVIe siècle est également assez variée, puisque les personnages voyagent et nous montrent ainsi une plus vaste étendue de l’époque, puisque chaque emplacement géographique est régit par ses propres règles et selon un mode de vie bien précis. On vit différemment à Londres et au cœur de l’Auvergne, ou encore à Prague. Cette dimension du roman m’a semblée très intéressante.

On remarque également dans L’Ecole de la nuit une duplicité des intrigues. Certes, Diana et Matthew avaient entrepris ce voyage dans le temps avec un but très précis, mais en ont été plus ou moins déviés au fil de l’histoire. Ils sont confrontés à des problèmes qu’ils n’avaient alors pas envisagés et doivent en premier lieu les résoudre avant de se consacrer à leur quête initiale.

C’est un roman excellent qui suit la lignée du premier volume. On y trouve autant de rigueur dans le maniement de l’intrigue et des rebondissements, autant de maitrise dans les sujets exposés, autant de perfectionnement dans l’élaboration de l’univers et des personnages. C’est une perle ! Je le conseille à quiconque aime l’Histoire, le genre fantastique et les intrigues complexes et travaillées.

ON ADORE : La documentation de l’auteur – la plongée au XVIe siècle – les personnage et leur évolution – les différentes intrigues auxquelles ils sont confrontées – la plume de l’auteure.
ON REGRETTE : Quelques légères longueurs peut-être ?


vendredi 17 mai 2013

Lili bouquine : Attirance, t.1 "Le baiser des sirènes" de Anne Greenwood Brown


Titre en VO : Lies beneath
Editeurs : Milan Macadam
Site de l’auteur :
http://annegreenwoodbrown.com/
Ma note : 9/10
Quatrième de couverture :
Lily pensait que son petit ami était un type normal. Mais Calder cache un terrible secret : il fait partie d’une fratrie de sirènes meurtières, qui puisent leur énergie vitale des humains en leur ôtant la vie. Calder et ses sœurs n’ont qu’un but : venger la mort de leur mère en tuant le coupable. Et cet homme n’est autre que le père de Lily…

MON AVIS SUR LE LIVRE

Attirance : le baiser des sirènes de l’auteur américaine Anne Greenwood Brown m’a tout de suite fait de l’œil de part le thème peu commun qu’il aborde. En effet, dans la littérature fantastique actuelle, nous voyons beaucoup de sorciers, de vampires, de loup-garous, les anges eux aussi commencent à se faire une place, mais peu de sirènes finalement. Alors qu’à mon sens elles sont des créatures fascinantes.

Loin de l’image un peu fleur bleue que nous sert Disney avec La petite sirène, les créatures de ce roman sont interprétées comme des prédatrices redoutables. Elles sont sublimes certes, mais la beauté de leurs traits est ainsi pour mieux attirer leur proie à l’eau et les noyer. Pour survivre, les sirènes ont ici besoin de se nourrir des émotions des humains. Elles peuvent, bien sur, se serrer la ceinture et ne pas se nourrir pendant un moment, mais l’instant de prendre une vie est inévitable, elles sont donc forcées de tuer quel que soit leur choix. Elles ne sont pas dotés de pouvoirs particuliers si ce n’est celui de se métamorphoser, soit en humain, soit en sirène, la faculté de demeurer sous l’eau indéfiniment, de nager extrêmement vite et de charmer les humains.

Anne Greenwood Brown approfondit toutefois la mythologie qui les entoure. Notamment en ce qui concerne leur mode de vie, la longévité de leur existence, la manière dont elle doivent se nourrir et dont elles naissent. L’auteure reprend des éléments typiques du mythe de la sirène tout en les réarrangeant à sa sauce. Elle s’approprie réellement ce monde et créer des personnages originaux.

Calder, notre protagoniste, est un triton. L’histoire de Attirance nous est racontée à la première personne selon son point de vue. Un procédé que j’ai particulièrement aimé. Ainsi, on est directement plongé dans l’univers surnaturelle du roman, Calder nous dévoile son quotidien, nous parle de ses sœurs sirènes et de la relation qu’il entretient avec ces dernières. On découvre entièrement son monde avant que la véritable intrigue ne commence. C’est une approche que j’ai trouvé particulièrement intéressante puisqu’elle diffère de celles que l’on a l’habitude de trouver, dans la littérature Young-Adult notamment. Le schéma traditionnel de la jeune fille, plus ou moins naïve, qui tombe sous le charme du garçon aux sombres secrets n’est pas réellement reprit ici, ou du moins sous un angle différent. Cette façon de faire m’a beaucoup plus, cela ajoute de l’originalité à l’histoire.
En dehors de cela, le point de vue de Calder nous permets de prendre conscience de sa remise en question qui est le point clef de l’intrigue. Triton depuis quarante ans, Calder va découvrir un part d’humanité en lui, il choisira ou non de lui laisser prendre de la place dans sa vie, c’est tout l’intérêt du roman.

Le personnage de Lily également est intéressant, elle n’a, en effet, pas la langue dans sa poche. Elle a des idées bien à elle et les défend. C’est une jeune fille courageuse, ambitieuse et qui a beaucoup de caractère. On se sent proche d’elle, finalement, bien qu’on ne nous la décrive que par l’œil de Calder.

L’intrigue en elle-même est également assez intéressante, bourrée de suspens. Bien que tout paraisse relativement calme au début, et pendant un long moment en suivant, l’expression « se méfier de l’eau qui dort » me semble tout à fait approprié ici pour décrire le déroulement de l’histoire d’Attirance. Anne Greenwood Brown signe ici un roman Young-Adult qui sort des sentiers battus et qui a du peps à revendre. Des personnages attachants et profonds, une histoire palpitante et un univers peu commun que l’on se plait à découvrir ! Je vous le recommande chaudement.

ON ADORE : Le point du vue du personnage de Calder – le thème de sirène – l’intrigue – la relation des deux personnages principaux
ON REGRETTE :
une légère lenteur au début du roman.


mercredi 17 avril 2013

Lili bouquine : Even dead things feel your love de Mathieu Guibé

Titre en VO : Even dead thing feel your love
Editeurs : Editions du Chat Noir
Site de l’auteur :
http://germinessensce.tahitosworld.info/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Au terme de votre vie, à combien estimez-vous le nombre de minutes au cours desquelles vous avez commis une erreur irréparable ? De celle dont les conséquences régissent d’une douloureuse tyrannie vos agissements futurs jusqu’au trépas. Mon acte manqué ne dura pas plus d’une fraction de seconde et pourtant ma mémoire fracturée me renvoie sans cesse à cet instant précis tandis que la course du temps poursuit son inaltérable marche, m’éloignant toujours un peu plus de ce que j’ai perdu ce jour-là. Je me demande si notre dernière heure venue, les remords s’effacent, nous délestant ainsi d’un bagage bien lourd vers l’au-delà ou le néant, peu importe. Puis je me souviens alors qu’il s’agit là d’une délivrance qui m’est interdite, condamné à porter sur mes épaules ce fardeau à travers les âges, à moi qui suis immortel. L’amour ne devrait jamais être éternel, car nul ne pourrait endurer tant de douleur.

MON AVIS SUR LE LIVRE

C’est encore une excellente découverte que je viens vous présenter ici. Un roman francophone dans la tendance gothique romantique qu’on apprécie d’avoir entre les mains. Even dead things feel your love de Mathieu Guibé nous transporte dès les premières pages dans son univers tout en contraste. Le roman est Amour autant qu’il est Souffrance, il se construit de ses deux amants métaphoriques avides de se nourrir l’un de l’autre.

Une histoire qui pourrait sans conteste être issue du XIXème siècle. On m’aurait confié que Even dead thing feel your love avait un jour figuré sur la table de chevet de Bram Stoker, Oscar Wilde ou Edgar Allan Poe, je n’aurais pas été surprise le moins du monde.

L’univers de Mathieu Guibé est clairement imprégné de l’époque victorienne, tout autant que le sont ses personnages dont l’humeur mélancolique ramène au genre romantique.

Josiah Scarcewillow, notre principal narrateur, est complexe, difficile à cerner. Son identité clair-oscbur nous laisse souvent perplexe et bien que l’on développe facilement une certaine complicité avec lui, on ne peut nier qu’il nous effraie au même titre. C’est un personnage doué de tendresse comme de cruauté. Ainsi, dans cette histoire, il incarne à la fois le supplicié et le bourreau.

Le lecteur se lie très rapidement au personnage et ce malgré la noirceur d’âme de ce dernier. Il devient son complice et cautionne toutes les horreurs que Josiah démontre dans le roman. Le lecteur va même jusqu’à lui trouver des circonstances atténuantes et une en particulier qui se traduit par l’amour soudain que le vampire développe pour la jeune Abigail.

Bien que l’univers de Even dead things feel your love soit sombre et torturé, l’Amour est omniprésent. Il est même le centre autour duquel gravitent les personnages, jusqu’à se perdre dans le néant. On nous dévoile l’Amour sous ses jours les plus cruels. Il en devient un supplice duquel, pourtant, on ne voudrait se libérer pour rien au monde. Ainsi, Josiah se morfond dans ce masochisme que n’autorise que le sentiment amoureux. Il en va jusqu’à se perdre lui-même – dont il n’a pas si belle estime d’ailleurs – pour le souvenir de l’être aimé. On assiste alors à sa descente aux enfers sans appréhender un seul instant jusqu’où il pourra aller.

Mathieu Guibé, avec ce récit, fait se bousculer nos émotions. On passe de la tendresse, au dégout, à la compassion puis à l’horreur presque en une seconde à peine. L’auteur ne nous laisse aucun répit et nous envoie à la figure toute une kyrielle de sentiments contraires et pourtant compatibles.

Even dead things feel your love est semblable à un long poème. Une complainte, un requiem qui s’effile avec une lyrisme macabre sur près de 260 pages. Un pur régal !


ON ADORE : La plume de l’auteur – la complexité du personnage de Josiah et la complicité qui se développe avec le lecteur – le thème abordé.
ON REGRETTE : Que certains personnages secondaires, bien qu’importants, restent trop en retrait.


samedi 13 avril 2013

Lili bouquine : Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness

Titre en VO :A discovery of witches
Editeurs : Orbit / Le livre de poche
Site de l’auteur : http://deborahharkness.com/
Ma note : 10/10
Quatrième de couverture :
Diana Bishop est la dernière d'une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu'au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L'Ashmole 782. Elle ignore alors qu'elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous - démons, sorcières et vampires - le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu'énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au coeur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Inutile de vous faire patienter davantage, Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness fut pour moi LE coup de cœur de l’année 2012 ! Il vint, à la toute dernière semaine de décembre, détrôner celui que je pensais jusque là être mon number one : Un jour de David Nicholls. Autant vous dire que ce livre a fait bien plus que me séduire, il m’a littéralement entrainée dans son monde, corps et âme. Il m’a couvert d’un plaid de mystères, de magie, d’alchimie et d’amour interdit duquel je ne souhaitais plus me découvrir. L’univers de Deborah Harkness est devenu le mien, ma référence du genre fantastique et les personnages, Diana et Matthew, presque des amis.

J’ai été réellement fascinée par l’univers que nous propose l’auteure, et particulièrement par son étendue. Si en plus de 800 pages, Deborah Harkness nous offre un bel échantillon, ce n’est que la partie visible de l’ice-berg. Il est évident, en lisant ses lignes, que l’écrivain nous réserve encore bien des surprises. Elle en dévoile suffisamment pour attiser notre curiosité, mais pas suffisamment pour l’étancher. Une promesse d’approfondissement toutefois est le moteur qui nous pousse à tourner les pages encore et encore.

Les bases de l’histoire, comme vous l’aurez compris, sont très bien travaillées. Bien pensées et suffisamment approfondies pour nous laisser dire que l’auteure maîtrise son sujet à la perfection. On voit également que Deborah Harkness, historienne et professeur en université, s’appuie sur des faits historiques, sur des données scientifiques et alchimiques (fictives ou non) pour draper son roman d’une atmosphère particulière qui, tout en gardant une dimension fantastique, reste ancrée dans le réel.

La mythologie employée ici par l’auteure ne diverge pas complètement des autres sagas fantastiques que l’on peut trouver en librairie, notamment en ce qui concerne les vampires qui, comme dans beaucoup d’histoires, boivent du sang, sont diablement séduisants et dotés de pouvoirs surnaturels impressionnants. Toutefois, c’est par l’intégration de ces créatures fantastiques dans la société humaines, et dans leur mode de vie que l’auteure parvient à se démarquer. Là encore, l’écrivain utilise la science, à travers les analyses de Matthew et la réflexion de Diana, pour nous expliquer qui sont les vampires de son roman. On peut notamment évoquer les recherches du vampire aux sujets des loups et qui démontre un étrange parallèle entre ces canidés et les suceurs de sang. On décèle ici peut-être un clin d’œil au Dracula de Bram Stoker qui pouvait à la fois contrôler les loups et se transformer à leur effigie. Les sorcières, quant à elles, sont regroupées dans des covens et se rapprochent des sorcières de salem – là encore, on remarque à quelle point l’Histoire influe sur le roman –, toutefois leur manière d’aborder la magie est intéressante et singulière. On le verra particulièrement dans le tome suivant avec des entrainements à l’art de la sorcellerie bien particuliers. Il existe également une autre race fantastique dans Le livre perdu des sortilèges : les démons. Un mystère est placé sur leurs têtes puisqu’on ignore presque totalement ce qu’ils sont et d’où ils viennent. Ils semblent d’ailleurs avoir beaucoup de mal à trouver leur place, que ce soit parmi les autres créatures ou les humains. Ils représentent les parias en quelques sortes et l’auteure joue beaucoup sur ce point là.

Un contexte général aiguisé, construit à l’image des personnages, eux aussi très soignés. Diana et Matthew sont une vraie force pour le roman. Ils apportent chacun à leur manière leur pierre à l’édifice et n’ont aucun mal à nous embarquer avec eux dans leur entreprise.

Diana est un personnage intéressant car, comme nous, elle est vierge de ce monde fantastique. Si elle possède quelques bases de par ses origines de sorcière, ses années d’isolement par rapport à son héritage magique lui valent quelques lacunes. Elle réagit souvent de manière très rationnelle, tout en gardant conscience des données fantastiques qui l’entourent et qui, quoi qu’elle souhaite, font partie de sa vie. Diana est une jeune femme érudite, elle est titulaire d’un doctorat et effectue, au début du roman, des recherches pour sa prochaine publication. Sa vie va complètement basculée le jour où, à la bibliothèque bodléienne d’Oxford, elle tombe sur un manuscrit disparu depuis plus de 150 ans. L’ouvrage semble étrangement obéir à son toucher alors que personne, depuis lors, n’avait réussi à mettre la main sur l’Ashmole 782, mystérieux manuscrit contenant, vraisemblablement, des secrets inimaginables sur l’origine des trois races fantastiques : sorcière, démon et vampire. Diana est rapidement rattrapée par son passé, puisque son contact avec le livre fera d’elle un véritablement aimant à créatures paranormales, ainsi elle se retrouvera confrontée à des pouvoirs qu’elle avait jusqu’alors enfouie au fond d’elle.

À ces côtés, nous retrouvons Matthew Clairemont. C’est un vampire, un très vieux vampire puisqu’on apprend notamment qui a participé aux Croisades, qui entre en relation avec Diana Bishop, au début du livre, dans l’optique se de procurer l’Ashmole 782 qu’il convoite comme environ 90% des créatures présentent dans ce roman. Mais très vite, son attirance immédiate pour Diana vient changer la donne et dès lors, il n’est plus capable d’agir en sa seule faveur. Il se place rapidement comme le protecteur de Diana et veillera sur elle le temps qu’elle prenne conscience de ce qui lui arrive. Si ce tome-ci ne nous offre pas beaucoup de révélations au sujet du personnage de Matthew, on se prend à lui faire confiance, au même titre que Diana, malgré l’ombre qui plane sur sa personne. Le caractère du vampire est un vrai paradoxe, il est à la fois impulsif et posé, autoritaire et attentionné, il est doué d’un charisme fou et pourtant rongé d’un cruel manque de confiance en soi. Il est fait, comme dirait l’autre, de cinquante nuances.

Ces deux personnages pourtant radicalement opposés, déjà de part leur nature présumée incompatible, se complètent à la perfection. Leur couple est une osmose, il est d’ailleurs, à l’intérieur même du roman, comparé à une allégorie alchimique assez forte. Diana et Matthew incarnent la pièce maîtresse du roman, et c’est, bien évidemment, autour d’eux que va graviter l’intrigue dont les différents éléments s’accumulent comme les pièces d’un puzzle qu’il nous faut rassembler avec les héros.

Deborah Harkess nous ouvre les portes sur un univers détonnant qui ne demande qu’à être davantage découvert. Une lecture envoutante que je recommande à toute personne qui aime la bonne littérature fantastique !

ON ADORE : L’univers extrêmement fouillé – les personnages – l’intrigue – la plume de l’auteur
ON REGRETTE : /


vendredi 22 février 2013

Lili bouquine : Alchimie de Beth Fantaskey

Titre en VO :Jekel loves Hyde
Editeurs : MSK / Le livre de poche
Site de l’auteur : http://www.bethfantaskey.com/
Ma note : 8/10
Quatrième de couverture :
Dans le laboratoire du père de Jill Jekel se trouve une boite, fermée à double tour. Jill sait qu'elle ne doit y toucher sous aucun prétexte. Mais quand son père est retrouvé assassiné dans des circonstances étranges et qu'elle découvre qu'il a dévalisé le compte en banque destiné à payer ses études, elle n'hésite plus. Car cette boite contient le secret de la transformation du Docteur Jekyll en son alter-égo maléfique, Mr Hyde. Si Jill reproduit cette formule, son avenir est assuré. Au laboratoire, elle est aidée par un amie, Tristan Hyde, aux motivations obscures...et dangereuses.
Parviendront-ils à résister au pouvoir de l'élixir ?

MON AVIS SUR LE LIVRE

Le nom de l’auteure n’est plus à faire dans la littérature Young-adult, lorsque l’on entend parler de Beth Fantaskey on pense forcément à sa série succès du Vampire amoureux. C’est après cette découverte que j’ai souhaité lire son autre roman Alchimie. Ce dernier vise également un public d’adolescent et il est, comme les autres ouvrages de Beth Fantaskey, un vrai page turner.

L’idée de base qu’a choisie d’exploiter l’auteure dans Alchimie est assez intéressante et originale. Beth Fantaskey s’attaque au mythe culte du Docteur Jekyll et Mister Hyde qu’elle s’approprie avec intelligence et ingéniosité. Son principal atout dans cette histoire sont ses personnages, mystérieux, torturés et ayant un lien très fort avec le récit initial de Stevenson, ils sont le pilier de cette intrigue.

Jill Jekel est en deuil de son père, un brillant chimiste assassiné dans sa voiture pour des raisons inconnues, et elle doit reconstruire sa vie à mesure qu’elle découvre des secrets compromettants à son égard. La jeune fille est bouleversée et son esprit bouillonne de questions sans réponses, notamment au sujet d’une boite fermée à double tour et qui semblerait contenir la recette diabolique de Mister Hyde établie par le Docteur Jekyll. Element qui pourrait être à l’origine de l’assassinat de son père, puis que c’était l’objet de son travail.

Tristan Hyde, étudiant de la classe de Jill et plutôt solitaire, est persuadé d’être atteint d’une malédiction familiale, celle des Hyde. Il abrite en lui une part d’ombre, celle du monstre créer par Jekyll, et est sujet à de dangereuses absences, durant lesquels ils commettrait des meurtres. Tristan est réellement touché par cela, et se trouve incompris, notamment par son père qui refuse d’admettre l’existence d’une quelconque malédiction. Tristan, lorsque Jill vient lui proposer un projet de science en binôme en vue d’un concours national et qui justement consisterait à retrouver la sérum qu’aurait élaboré Jekyll pour créer Hyde – et donc son antidote – accepte sans trop hésiter. De la naitra une complicité fusionnelle entre les deux personnages étrangement liés par leur héritage familiale et une alchimie évidente.

Beth Fantaskey crée ici un duo fort, touchant et prêt à se battre jusqu’au bout pour réussir leur entreprise. Ils sont déterminés, soudés et ne recule devant rien, même lorsque la situation n’est pas rose.

L’auteure nous accompagne dans une intrigue palpitante. Son récit rythmé et l’alternance des points de vue entre Jill et Tristan font du roman un vrai page turner. On est incapable de lâcher l’ouvrage tant que l’on ne connaît pas le fin mot de l’histoire. Fantaskey parvint très facilement à nous impliquer dans son histoire où notre intérêt est d’avancer avec les personnages qui court un véritable marathon.

Comme dans Comment se débarrasser d’un vampire amoureux, on ressent très fortement, et très explicitement la noirceur qui sommeil dans le personnage masculin. Si cela paraît quelque peu cliché – le ténébreux est à la mode, n’est-ce pas ? –, cela ne fonctionne pas moins bien. On ne change pas une équipe qui gagne. Tristan est constamment habité par son démon, et il est parfois très difficile de faire le distinguo, il n’y parvient pas lui même et au fond, tout l’intérêt du livre est de savoir s’il est réellement maudit ou si cette part sombre de son âme fait partie intégrante de lui.

Jill, quant à elle, bien qu’abattus par les secrets de son père, relativise les choses assez aisément, et se sent rapidement impliquée dans l’état de son binôme. Très vite, elle deviendra sa seule complice et sera prête à tout pour l’aider.

Alchimie est une histoire de famille, de loyauté, d’amour, de combat intérieur. Un récit assez complet. C’est indéniablement du bon YA.

ON ADORE : Les personnages, leur lien, l’intrigue palpitante.
ON REGRETTE : Une écriture un brin trop simpliste


mercredi 30 janvier 2013

Lili bouquine : 49 jours de Fabrice Colin.

Titre en VO : 49 jours.
Editeurs :Michel Laffon
Site de l’auteur : http://fabrice-colin.over-blog.com/
Ma note : 8/10
Quatrième de couverture :
Je m’appelle Floryan ; j’ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s’étendait à perte de vue. Un être de lumière m’a accueilli, se présentant comme un "Élohim". Il m’a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume – un paradis, selon lui, mais que je n’étais pas autorisé à voir avant de m’y rendre –, soit je plongeai dans le Nihil, un gouffre gigantesque menant vers… Vers quoi ? C’est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j’ignore tout du Royaume, et j’ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c’est que ce choix n’engage pas que moi…

MON AVIS SUR LE LIVRE

49 jours est le premier roman de Fabrice Colin que je lis, et c’est une agréable découverte ! L’auteur nous offre ici un mélange des genres détonnant. Ce n’est ni de la fantasy, ni de la science-fiction, ni vraiment un roman initiatique, c’est un peu tout cela à la fois. Fabrice Colin, avec le premier tome de son dyptique, La Dernière Guerre, met au service de la jeunesse son imaginaire débordant. Il crée un univers original qui reprend, certes, les codes préétablis des genres littéraires cités plus haut mais que l’auteur parvient très bien à s’approprier. À revisiter.

Le roman, bien que demeurant une fiction, développe des notions philosophiques. Comme l’idée de l’au-delà. Fabrice Colin propose à son personnage, le jeune Floryan, dix-sept ans, mort dans un attentat à Paris, une alternative. Une existence après la mort. Ainsi, la question dans 49 jours n’est pas de savoir s’il y a une vie après la mort – encore que, l’option qui s’offre au personnage ne semble toucher qu’une infime partie des défunts, il reste donc un part de mystère de ce côté là. – mais de savoir ce qu’il advient du monde après que nous l’ayons quitté. On constate également des changements dans la réflexion de Floryan, comme si la mort, à elle seule, lui avait permit de porter un autre regard sur lui-même et sur son entourage. C’est un récit d’introspection finalement, qui nous amène à réfléchir, nous lecteur, sur notre condition, nos actes, la façon dont nous envisageons notre existence sur la Terre et toutes ces choses auxquelles on ne songe pas d’office.

Fabrice Colin, à travers les yeux de son protagoniste, observe les hommes, ses travers, ses faiblesses mais également ses forces. Il pousse sa vision jusqu’à l’extrême et va jusqu’à nous proposer une possible fin du monde. Une destruction de l’Homme part l’Homme qui fait froid dans le dos, d’autant plus que l’hypothèse nous paraît plausible.

Par le biais de divers personnages, diverses situations, nous est dépeint un monde dévasté, au bord du gouffre, prêt à s’effondrer à la moindre petite brise. Un paysage déchirant qui s’étend sous nos yeux et qui nous fait nous accroché, les deux poings serrés, à ce roman. Bien souvent, je me suis sentie mal à l’aise lors de ma lecture, mais étrangement, je n’ai pas pu lâcher le livre. J’ai été happé par le récit et ai été tenue en haleine jusqu’à la toute dernière page. Une sensation formidable qui a favorisé mon coup de cœur pour ce livre.

ON ADORE : L’univers développé – la dimension psychologique/philosophique de l’œuvre – le recul qu’on peut avoir sur le monde et notre société.
ON REGRETTE :La distance du personnage principal par rapport au lecteur.


mercredi 19 décembre 2012

Lili bouquine : Anamorphose de Nathy

Titre en VO : Anamorphose, Invictus Tenebrae
Editeurs :Rebelle
Site de l’auteur : http://www.nathy.fr/Nathy/
Ma note : 7/10
Quatrième de couverture :
Que l’on soit vampire ou humain, le passé d’un être laisse des marques indélébiles.
Dante se souvenait de tout. La violence de l’attaque de Lucrezia. La panique ressentie quand les canines avaient effleuré sa peau et déchiré sa gorge. La douleur épouvantable qui fut la sienne ; le feu parcourant ses veines tandis qu’elle s’abreuvait de son sang. Les soubresauts de son corps refusant la perte de son fluide vital. Son envie de crier, alors qu’aucun son ne pouvait franchir ses lèvres. Des larmes qui coulaient sur son visage pendant qu’elle se délectait de sa vie. Son rire dément, ses humiliations, ses tortures.
Esclave, tel était son nom. Bien des siècles plus tard, une jeune humaine, Camille, aussi torturée que lui, croisera son chemin. Seront-ils capables d’échapper à leur obscur destin ?


MON AVIS SUR LE LIVRE

On m’avait prévenu que ce livre était de ceux que l’on n’oublie pas. On m’avait dit qu’il était différent. Un livre de vampire, oui, mais pas seulement. Vraiment pas. C’était d’ailleurs les principales raisons qui m’avaient poussée à me le procurer, en plus de sa couverture énigmatique et d’une quatrième de couverture qui donne un aperçu très agréable de la plume de Nathy. En effet, Anamorphose est un roman vraiment inédit, qui marque les esprits d’une manière assez singulière.

Si ce n’est pas un coup de cœur, le bouquin me restera en mémoire à coup sur. Nathy a su me transmettre, à travers son écriture somptueusement mélancolique, un panel d’émotions incroyable.

C’est un roman qui parle avant tout de ses personnages, de leurs souffrances, de leurs misères, de tout ce qui les a ramenés plus bas que terre. Dans Anamorphose, l’auteure nous dessine le portrait de deux être ravagés par la vie. Nous avons tout d’abord Dante, vampire de la renaissance italienne qui porte son lourd passé comme une cicatrise en travers du cœur. Puis il est question de Camille, jeune femme contemporaine, qui cache son malheur et sa solitude sous d’épaisses couches de vêtements. Pour chacun d’eux, la vie semble n’être qu’une douleur qu’ils se contraignent à endurer jour après jour, péniblement, mais avec témérité. Comme s’ils pensaient l’avoir mérité.

J’avancerais, sans trop me tromper, que l’un des sujets principaux de ce roman est la souffrance. Elle y est en tout cas décrite sous plusieurs formes, et parfois assez crument. L’horreur que dépeint l’auteure dans son livre transpire des pages et nous colle des frissons à coup sûr.

La douleur couvre une grande partie de ce livre, c’est indéniable, néanmoins, la reconstruction des deux personnages, qui, après s’être rencontrés, trouverons la force d’affronter leurs démons et de leur faire baisser l’échine, est d’autant plus présente. C’est ce merveilleux sentiment d’union, cette certitude que tout est moins dur lorsqu’on est soudés, qui donne une beauté certaine aux écrits de Nathy.

Anamorphose offre une panoplie d’émotions indescriptibles. Je me souviens parfaitement des sentiments qui m’ont envahie lors de ma lecture, je me rappelle de ce que cela m’a fait, là, juste dans le creux du ventre, mais suis incapable de mettre un nom sur cette sensation. Qui lira, saura.

Cette découverte aurait pu être une vraie perle si ma lecture n’avait pas été entachée par la fin. L’intrigue et le dénouement qui se construisent dans le quatrième quart du roman ne m’ont absolument pas convaincue, et s’ils ajoutent un peu d’action au roman, qui jusqu’alors était très mélancolique, j’ai trouvé le tout trop rapide, et incongru. Pour moi, cela n’avait rien à voir avec l’histoire, ou du moins c’était mal agencé.

Ce n’est toutefois pas ce que je retiens de ce livre, il reste tout de même absolument bouleversant, innovant et inoubliable.

Mon conseil : Lisez-le !

ON ADORE : Les émotions que l’auteure nous fait ressentir tout au long de son histoire.
ON REGRETTE : Le quatrième quart, où se déroule « l’action » du roman.